Une étude propose d'arrêter les éoliennes la nuit pour réduire la mortalité des chauves-souris de plus de 80%
Diminuer la mortalité des chauves-souris face au développement éolien n’est plus une utopie : un simple bridage nocturne des machines divise par cinq les collisions, selon une vaste étude européenne.
À retenir
- Étude publiée le 19 octobre 2026 montre que le bridage nocturne divise les collisions par cinq.
- Le bridage réduit la mortalité des chauves‑souris de plus de 80 % (taux après bridage : 20%).
- Paramétrer le bridage selon vent, température et activité locale nuit après nuit pour maximiser l’efficacité.
Les éoliennes, une menace redoutable pour la faune volante la nuit
Si les éoliennes permettent de limiter les émissions de gaz à effet de serre, elles constituent un danger concret pour de nombreuses espèces animales. Les chauves-souris, précieuses alliées des agriculteurs dans la régulation des insectes ravageurs, paient un lourd tribut au fil des pales.
La mortalité subie par ces mammifères volants interpelle depuis longtemps les acteurs de la biodiversité. Le phénomène touche tant les espèces des lisières forestières, comme les pipistrelles, que celles des prairies dégagées, telles que la noctule commune.
Une étude européenne inédite : le bridage nocturne fait ses preuves
Publiée le 19 octobre 2026 dans le Journal of Applied Ecology, l’étude menée par des chercheurs du Centre d’écologie et des sciences de la conservation (Cesco) appuie sur des faits chiffrés. Son ampleur ne ressemble à aucune autre : il s’agit de la plus vaste analyse jamais réalisée sur le bridage nocturne en Europe, financée par l’Ademe.
Le protocole ? Comparer la mortalité enregistrée sur des parcs éoliens ayant stoppé partiellement leur production la nuit, à celle de parcs équivalents restés actifs. Le bridage s’applique lors de périodes caractérisées par un vent faible et des températures douces, conditions souvent propices à l’activité des chauves-souris.
Des résultats spectaculaires pour la biodiversité
Les conclusions sont nettes. Selon l’analyse menée à l’échelle européenne à partir des protocoles de suivi mis en place en France, le bridage nocturne réduit la mortalité de plus de 80 % pour l’ensemble des espèces ciblées. En d’autres termes, le nombre de collisions est « divisé par cinq » par rapport à des parcs éoliens en fonctionnement continu pendant la nuit.
| Période | Taux de mortalité moyen | Baisse constatée |
|---|---|---|
| Avant bridage | 100 % (référence) | - |
| Après bridage nocturne | 20 % | - 80 % |
Cette diminution concerne aussi bien les espèces fréquentant les lisières forestières, comme les pipistrelles, que celles qui survolent les prairies dégagées à l’image de la noctule commune.
Un levier clé, mais à paramétrer selon chaque site
Le Muséum national d’histoire naturelle le souligne : « Le bridage nocturne est une mesure particulièrement efficace pour réduire la mortalité des chauves-souris ». Pour garantir son impact, les paramètres doivent toutefois s’ajuster à l’activité locale des espèces et aux particularités du parc, nuit après nuit.
Pour chaque nouveau projet, privilégier dès la conception les zones où l’impact sur la biodiversité sera naturellement faible évite des arbitrages difficiles en aval. Ce pilotage exigeant fédère science, acteurs publics et porteurs de projets autour d’un même objectif : allier transition énergétique et sauvegarde de notre patrimoine vivant.
Source : étude du Journal of Applied Ecology
FAQ - Questions fréquentes
L’étude européenne publiée le 19 octobre 2026 montre que le bridage nocturne, appliqué surtout lors de vents faibles et de températures douces favorables à l’activité des chauves-souris, réduit la mortalité de plus de 80 % pour les espèces ciblées. En stoppant partiellement la production la nuit, le nombre de collisions chute fortement, les chercheurs rapportant une division par cinq des décès par rapport aux parcs restés actifs.
Les chercheurs du Cesco ont comparé la mortalité observée sur des parcs éoliens ayant stoppé partiellement leur production la nuit à celle de parcs équivalents restés en fonctionnement continu. Le protocole s’est appuyé sur des suivis mis en place en France et a ciblé les périodes de vents faibles et de températures douces propices aux chauves-souris, permettant d’isoler l’effet du bridage sur les collisions.
L’analyse européenne montre que la diminution de la mortalité concerne à la fois les espèces des lisières forestières, comme les pipistrelles, et celles des prairies dégagées, telles que la noctule commune. Globalement, le bridage nocturne réduit le taux de mortalité moyen à environ 20 % de la référence, soit une baisse de 80 % pour l’ensemble des espèces ciblées.
Le Muséum national d’histoire naturelle précise que le bridage nocturne est particulièrement efficace mais nécessite des paramètres ajustés à l’activité locale des espèces et aux caractéristiques du parc, nuit après nuit. Pour garantir l’impact, le pilotage doit combiner données scientifiques, acteurs publics et porteurs de projets, et privilégier dès la conception les zones à faible impact sur la biodiversité.
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