Lifestyle | Ces glaciers français n’existent plus : l’IGN les retire officiellement de ses cartes
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Ces glaciers français n’existent plus : l’IGN les retire officiellement de ses cartes

Publié par Claire , le 26 oct. 2026 à 11:00

La mutation spectaculaire de l’arc alpin s’affiche désormais sur les cartes de randonnée : plusieurs glaciers changent de nom et disparaissent officiellement, conséquence directe d’un réchauffement climatique qui bouscule les repères, même pour les promeneurs les plus chevronnés.

A deep crevasse in a white glacier above a green mountain valley © Daniel R.

À retenir

  • Tous les glaciers des Pyrénées disparaîtront d’ici dix ans selon Météo‑France.
  • Les Alpes ont perdu 70% du volume glaciaire depuis l’ère préindustrielle.
  • Lidar a mesuré une perte de 26 m d’épaisseur au sommet de la Grande Motte (3 653 m → 3 627 m).

Des toponymes qui basculent : les glaciers quittent les cartes IGN

Ça ne se passe plus seulement dans les rapports scientifiques : on le constate directement sur les Top 25 de l’IGN, ces cartes qu’on glisse systématiquement dans le sac avant de prendre la direction des cimes. À la fin de l’été, le « glacier de la Blanche » est devenu « Ancien glacier de la Blanche » au pied de la Tête de l’Estrop, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Finie la teinte bleue qui signalait l’emprise de la glace : désormais, l’indication passe en noir, signalant la disparition quasi totale de ce vestige du passé glaciaire. D’autres sites ont subi le même sort : « Ancien glacier Rampant », « Ancien glacier du Lac » ou encore « Ancien glacier de Chanteloube » s’inscrivent maintenant dans la nouvelle nomenclature officielle.

Un effacement accéléré par la crise climatique

Le phénomène n’a rien d'anecdotique : selon Météo-France, tous les glaciers des Pyrénées auront disparu d’ici dix ans. Dans les Alpes, le bilan s’alourdit depuis plusieurs décennies : 70 % du volume glaciaire a déjà fondu depuis l’ère préindustrielle. La majorité des glaciers alpins devraient s’effacer d’ici la fin du siècle, conséquence directe de la température moyenne qui ne cesse de grimper.

Pour permettre à chacun de mesurer concrètement ce recul, l’IGN actualise ses cartes en moyenne tous les cinq ans, mais n’hésite pas à intervenir plus tôt en cas d’événement marquant — comme ce fut le cas après les crues exceptionnelles dans l’Isère en 2024.

Lidar et terrain : des technologies au service de la précision

Pour suivre l’évolution du relief, les équipes de l’IGN misent désormais sur le Lidar (Light Detection and Ranging), une technologie de télédétection par laser qui modélise les paysages à la précision du centimètre. Lors d’un survol récent au-dessus du glacier de la Grande Motte, près de Tignes, le Lidar a révélé que l’altitude du sommet n’était plus que 3 627 m, contre 3 653 m auparavant : la calotte glaciaire a perdu 26 m d’épaisseur en quelques années.

GlacierAltitude ancienneAltitude mesurée récemmentPerte d’épaisseur
Grande Motte3 653 m3 627 m26 m

Les cartographes s’appuient sur les données du Lidar, croisées avec les photos aériennes, leur connaissance du terrain et les informations en provenance de contacts locaux, pour affiner la représentation du paysage sur les cartes IGN.

Sécurité des usagers et mémoire du paysage

L’enjeu va bien au-delà de la précision topographique. Retirer le glacier d’une carte, c’est aussi repenser l’équipement et la sécurité des pratiquants. Savoir si l’on marche sur des cailloux, de la glace ou de la neige peut changer le choix d’itinéraire, le matériel à emporter, parfois même la faisabilité de l’ascension.

Rien n’est laissé au hasard : même disparus, les anciens glaciers restent mentionnés sur les cartes, pour garantir la continuité des repérages et permettre aux usagers de faire le lien avec d’anciennes descriptions d’itinéraires. Le choix du passage du bleu au noir relève d’un « ressenti » affiné des cartographes, confrontés aux témoignages du terrain et aux observations aériennes.

  • Échelle Top 25 IGN : 1 cm pour 250 m sur le terrain
  • Rythme de mise à jour : tous les 5 ans en moyenne, mais accéléré en cas d’événement majeur
  • Outils déployés : Lidar, photos aériennes, retours terrain

L’IGN ne dispose pas encore d’un recensement précis du nombre de glaciers « déclassés » ces derniers mois. Pour l’instant, le phénomène reste limité, mais il est appelé à croître fortement dans les prochaines années si la tendance du mercure se poursuit.

On prend la mesure, chaque saison, de l’ampleur de la métamorphose en ouvrant simplement une carte : la disparition de ces géants silencieux laisse place à une montagne d’un nouveau visage. Les repères tombent, mais leur mémoire reste, noir sur blanc, le long des sentiers que l’on continue d’arpenter.

Source de l'article Reporterre, Pourquoi des glaciers disparaissent de nos cartes de randonnée


FAQ - Questions fréquentes

Les glaciers sont indiqués en noir lorsque leur emprise de glace a quasi totalement disparu ; l’IGN change la teinte bleue en noir pour signaler un « ancien glacier », reflétant l’effacement réel du glacier sur le terrain. Ce choix de cartographie résulte d’observations aériennes, de relevés Lidar et de retours terrain qui confirment la perte de masse glacière.

L’IGN s’appuie sur le Lidar, des photos aériennes et des retours terrain pour mesurer précisément l’évolution du relief, puis croise ces données avec les observations locales. Les cartographes utilisent ces éléments pour décider du maintien ou du changement de la représentation, et actualisent les cartes en moyenne tous les cinq ans, ou plus tôt après un événement marquant.

Retirer un glacier d’une carte change l’appréciation du terrain — glace, neige ou cailloux — et peut modifier le choix d’itinéraire, l’équipement et la faisabilité d’une ascension. L’IGN maintient la mention des anciens glaciers pour conserver la mémoire du paysage et aider les usagers à faire le lien avec d’anciennes descriptions d’itinéraires.

Le recul s’accélère en raison du réchauffement climatique : les Alpes ont déjà perdu 70 % du volume glaciaire depuis l’ère préindustrielle et Météo‑France prévoit la disparition de tous les glaciers des Pyrénées d’ici dix ans. Cette montée des températures entraîne une fonte continue et une réduction rapide des massifs glacés.

À propos de l’autrice

Claire

Claire

Responsable éditoriale de Météocity

À l’affût de l’actualité météo, Claire décrypte les phénomènes en cours et s’attache à rendre les prévisions et analyses météorologiques accessibles, fiables et compréhensibles.

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