Les pailles en papier contiennent plus de polluants éternels que celles en plastique, selon des études
Stopper le plastique, tout le monde approuve. Mais troquer les pailles en plastique contre des modèles en papier ou en carton n’offre pas la solution miracle vantée ces dernières années. Plusieurs études internationales pointent désormais l’ampleur inattendue des impacts sur l’environnement… et la santé humaine.
À retenir
- Pailles en papier : acidification 2,04× et indice cancérogène 6,33× supérieurs au plastique.
- Chaque paille en carton contient en moyenne 0,4 ng de PFAS ; seuil recommandé 40 ng/jour.
- 73,6 % des déchets sont incinérés en Corée du Sud, aggravant l’impact des pailles jetables.
Des pailles en papier aux impacts écologiques bien supérieurs au plastique
En Corée du Sud, une étude majeure pilotée par le ministère du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement vient bousculer les idées reçues. Sur tout le cycle de vie — de la production à l’élimination — on observe que le simple fait de passer du plastique au papier aggrave certains impacts clés.
Cette analyse compare quatre types de pailles jetables : plastique conventionnel, papier, plastique biodégradable et bio-PE (polyéthylène biosourcé). Si le plastique reste un problème pour l’océan et la biodiversité, le papier, lui, fait grimper d’autres risques.
| Type de paille | Acidification (indice) | Effets cancérogènes (indice) |
|---|---|---|
| Plastique conventionnel | 1 | 1 |
| Papier | 2,04 | 6,33 |
| Bio-PE | 5,9 | non précisé |
Les pailles en papier génèrent un score d’acidification 2,04 fois supérieur au plastique traditionnel et enregistrent un score 6,33 fois plus élevé sur l’indicateur des effets cancérogènes potentiels pour l’être humain. Le polyéthylène biosourcé atteint même un indice d’acidification près de six fois supérieur au plastique classique.
L’incinération, qui concerne la majorité des déchets en Corée du Sud (73,6 % d’incinération contre 26,4 % d’enfouissement), amplifie ces résultats et complique le bilan global. À cela s’ajoute l’impossibilité de les recycler correctement : leur format minuscule et la présence fréquente de colles ou de revêtements limitent le tri efficace.
Les PFAS, invités toxiques des pailles en carton et en papier
L’utilité première d’une paille, c’est de résister à l’humidité. Pour y parvenir, les fabricants utilisent souvent des substances per- et polyfluoroalkylées — ou PFAS. Ces molécules ultra-résistantes, parfois surnommées « polluants éternels », ne se dégradent pratiquement jamais dans l’environnement.
Chaque paille en carton contient en moyenne 0,4 nanogramme de PFAS. Si cette quantité paraît minime, elle s’ajoute aux multiples sources d’exposition présentes dans la vie quotidienne (emballages, textiles, ustensiles de cuisine). L’Autorité européenne de sécurité des aliments recommande de ne pas dépasser 40 nanogrammes par jour pour éviter des effets nocifs comme la baisse de la défense immunitaire et le risque de cancer.
Comme le souligne le toxicologue Fabrizio Pariselli, la paille reste dans la boisson et les PFAS qu’elle contient peuvent s’y libérer, exposant ainsi l’utilisateur lors de la consommation.
On découvre alors que les pailles censées être plus « vertes » jouent involontairement le rôle d’un vecteur d’exposition supplémentaire à ces polluants, qui persistent longtemps une fois rejetés dans l’environnement.
Limiter les pailles jetables : la piste la plus crédible
Face à ce bilan mitigé, la priorité ne doit plus se limiter au choix du matériau. L’étude sud-coréenne et de nombreux restaurateurs recommandent désormais de réduire la distribution de pailles jetables, tous types confondus.
En Corée du Sud, 54,4 % des sondés valident l’idée de n’en fournir qu’à la demande. Ce changement d’usage limite drastiquement l’impact global, qu’il vienne de la fabrication, de la gestion des déchets ou de la pollution invisible des PFAS.
Des alternatives apparaissent ponctuellement : certains restaurateurs testent des pailles en pâte, proches de gros spaghettis. Jugées résistantes, économiques et comestibles, elles offrent une solution qui réconcilie usage et écologie et peuvent même être cuisinées une fois utilisées.
- Pailles en plastique : polluent les océans, difficiles à éliminer
- Pailles en papier/carton : score élevé d’acidification, présence de PFAS, faible recyclabilité
- Pailles en pâte comestible : faible impact, alternative jugée viable par des restaurateurs
Source de l'article TF1, Les pailles en papier, une alternative pas si écologique, selon une étude
FAQ - Questions fréquentes
L’article explique que les pailles en papier affichent des impacts écologiques supérieurs au plastique sur certains indicateurs : elles provoquent une acidification 2,04 fois plus élevée et un score d’effets cancérogènes 6,33 fois plus important que le plastique conventionnel sur l’ensemble du cycle de vie, aggravé par l’incinération majoritaire des déchets et la difficulté de recyclage liée à leur format et aux revêtements.
Les fabricants utilisent des PFAS pour rendre les pailles résistantes à l’humidité; chaque paille contient en moyenne 0,4 nanogramme de PFAS. Ces molécules persistent dans l’environnement et s’ajoutent à d’autres sources d’exposition. L’Autorité européenne de sécurité des aliments fixe une limite de 40 nanogrammes par jour pour éviter des effets comme la baisse de la défense immunitaire et un risque accru de cancer.
L’article recommande de limiter la distribution de pailles jetables plutôt que de se focaliser uniquement sur le matériau. La réduction de l’usage, par exemple fournir une paille uniquement à la demande (54,4 % des sondés en Corée du Sud y sont favorables), diminue la fabrication, la gestion des déchets et l’exposition aux PFAS, offrant un bilan global plus favorable.
L’article cite les pailles en pâte comestible testées par certains restaurateurs: elles sont jugées résistantes, économiques et comestibles, avec un faible impact environnemental. Ces pailles en pâte réconcilient usage et écologie et peuvent même être consommées ou cuisinées après usage, contrairement aux pailles en plastique ou papier dont le recyclage et les impacts posent problème.
La cagnotte Météo
10€ supplémentaires à gagner chaque jour