Actualités météo | La chaleur aurait causé 3 millions de morts en dix ans, 700 000 rien qu'en 2023, selon une étude très sérieuse
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La chaleur aurait causé 3 millions de morts en dix ans, 700 000 rien qu'en 2023, selon une étude très sérieuse

Publié par Claire , le 29 oct. 2026 à 11:00

La planète a franchi un cap critique : le nombre de morts associées à la chaleur a grimpé de 36 % en une décennie, signant un triste record en 2023 avec 710 000 décès annuels, alors que la COP31 se profile à l’horizon.

Glorious sunset in Paris. © Henrique Ferreira

À retenir

  • 710 000 décès liés à la chaleur en 2023, hausse de 36 % sur la dernière décennie.
  • Plus de 70 % des morts attribuables au changement climatique d’origine humaine.
  • 573 milliards d’heures de travail perdues en 2025, représentant 1 070 milliards de dollars de pertes.

Un bond spectaculaire des décès liés à la chaleur sur la dernière décennie

Le rapport annuel du consortium international The Lancet Countdown jette une lumière crue : depuis 2016, la mortalité liée à la chaleur n’a cessé de progresser à une vitesse inédite. Sur la période, 2,96 millions de personnes ont perdu la vie du fait de températures extrêmes, dont 710 000 en 2023, un niveau jamais atteint.

En France, les canicules de l’été dernier ont coûté la vie à plus de 8 000 personnes selon Santé publique France. La tendance suit le même sillon partout : l’Asie du Sud-Est, l’Afrique, l’Europe et l’Amérique voient leur nombre de victimes liées à la chaleur exploser. À l’échelle mondiale, plus de 70 % de ces décès sont directement attribués au changement climatique d’origine humaine.

La méthode derrière ces chiffres prend en compte un scénario contre-factuel. On estime combien de décès auraient eu lieu sans réchauffement anthropique, pour attribuer précisément l’excédent à l’influence du changement climatique.

Des effets sanitaires et économiques qui s’accélèrent partout sur le globe

La chaleur n’épargne aucun continent, et ses répercussions dépassent largement le simple bilan humain. Les pertes économiques sont tout aussi vertigineuses : 573 milliards d’heures de travail auraient été volatilisées en 2025, ce qui représente 1 070 milliards de dollars de pertes de revenus sur une seule année.

Ce sont les régions les plus vulnérables qui trinquent le plus : en Asie du Sud-Est, la perte de richesse atteint 3,9 % du PIB, contre 3,2 % pour l’Afrique, 1,5 % pour les Amériques, 0,2 % seulement pour l’Europe. Déjà fragilisés, les pays à faible indice de développement humain voient jusqu’à 5 % de leur PIB s’évaporer, soit dix fois plus que les États riches.

RégionPertes économiques (% du PIB)
Asie du Sud-Est3,9 %
Afrique3,2 %
Amériques1,5 %
Europe0,2 %
Pays à faible IDH5 %
Pays à très fort IDH0,5 %

À l’autre bout de la chaîne, la sécurité alimentaire vacille : sécheresses et humidité exacerbées menacent partout la production agricole, sans répit pour les populations déjà exposées à la précarité alimentaire.

Des avancées… mais pas assez rapides face à des risques exponentiels

L’investissement mondial a rarement été aussi massif dans les énergies propres. 2 100 milliards de dollars ont été investis en 2025, presque deux fois plus que dans les énergies fossiles. Les investissements dans les énergies propres et les systèmes d’alerte auraient permis d’éviter environ 323 000 décès par an dans au moins 77 pays grâce à l’amélioration de la qualité de l’air.

Pourtant, « cela n’a pas suffi à compenser les effets néfastes du changement climatique lié aux combustibles fossiles, qui ne cessent de s’aggraver ». Les progrès restent trop timides : la recherche médicale dédiée a vu ses financements multipliés par 7 depuis 2016, atteignant 316 millions de dollars en 2024, mais l’essentiel de ces fonds continue de privilégier les pays riches, accentuant les déséquilibres d’adaptation.

Même le partage de l’information marque le pas : les scientifiques dénoncent le manque de transparence de certains États concernant les subventions accordées aux énergies fossiles, limitant la capacité d’agir efficacement au niveau mondial.

Appel mondial : placer la santé au cœur des politiques climatiques

Le rapport du Lancet Countdown appelle à changer d’échelle. Pour ses auteurs, il faut désormais traiter la crise climatique comme une « urgence sanitaire mondiale », à l’image des dispositifs coordonnés lors de pandémies. On ne peut plus disjoindre santé publique et climat.

La directrice du projet insiste sur une réponse internationale coordonnée, rapide, qui bénéficie en priorité à ceux qui en ont le plus besoin. Les risques s’amplifient plus vite que les réponses. À quelques jours de la COP31, le message est clair : « la santé doit être placée au cœur de chaque décision climatique ».

Source : étude de The Lancet Countdown


FAQ - Questions fréquentes

Le rapport du Lancet Countdown montre une progression rapide depuis 2016, avec 2,96 millions de morts liées à la chaleur sur la période et 710 000 en 2023. Plus de 70 % de ces décès sont attribués au changement climatique d’origine humaine, identifié via un scénario contre-factuel qui évalue l’excès de mortalité lié au réchauffement anthropique.

La chaleur provoque d’importantes pertes économiques et de productivité : en 2025, 573 milliards d’heures de travail auraient été perdues, soit 1 070 milliards de dollars de revenus. Les régions vulnérables subissent les pires impacts, avec des pertes allant jusqu’à 3,9 % du PIB en Asie du Sud-Est et 5 % pour les pays à faible indice de développement humain.

Les investissements dans les énergies propres ont atteint 2 100 milliards de dollars en 2025, presque le double des financements pour les fossiles, et ont contribué à éviter environ 323 000 décès par an dans au moins 77 pays grâce à une meilleure qualité de l’air. Pourtant, ces efforts n’ont pas suffi à compenser les effets néfastes du changement climatique lié aux combustibles fossiles.

Le Lancet Countdown réclame de traiter la crise climatique comme une « urgence sanitaire mondiale » et d’intégrer la santé au cœur de chaque décision climatique. Les auteurs appellent à une réponse internationale coordonnée et rapide, priorisant les populations les plus exposées, car les risques croissent plus vite que les réponses actuelles.

À propos de l’autrice

Claire

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Responsable éditoriale de Météocity

À l’affût de l’actualité météo, Claire décrypte les phénomènes en cours et s’attache à rendre les prévisions et analyses météorologiques accessibles, fiables et compréhensibles.

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