Fissures causées par la sécheresse : l'État élargit les aides
Les règles d’accès au fonds de prévention argile évoluent : de nouveaux ménages peuvent bénéficier d’aides face aux fissures provoquées par la sécheresse, avec un zonage révisé applicable dès juillet 2026. Selon le ministère de la Transition écologique, la carte Géorisques et le simulateur d’éligibilité officiels permettent de vérifier sa situation.
Ce qui change pour le Fonds prévention argile
Pour lutter contre les fissures de maisons causées par le retrait-gonflement des argiles, l’État a élargi les conditions d’accès au fonds prévention argile depuis le 1er mai 2026 (arrêté du 23 avril 2026).
Ce fonds, expérimenté dans 11 départements pilotes – Allier, Alpes-de-Haute-Provence, Dordogne, Gers, Indre, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Nord, Puy-de-Dôme, Tarn et Tarn-et-Garonne – propose deux aides : l’aide au diagnostic de vulnérabilité et celle aux travaux préventifs.
- Maisons jusqu’à trois niveaux (sous-sol et combles compris) désormais éligibles, contre deux auparavant.
- Suppression de la condition d’état du bâtiment : on peut demander le diagnostic même sans fissures visibles.
- Seuil de largeur des fissures relevé de 1 mm à 5 mm lors de la demande d’aide aux travaux.
- Éligibilité soumise à condition de ressources ; la vérification se fait via le simulateur officiel.
Ces changements visent à favoriser la prévention plutôt que l’attente de sinistres visibles, tout en permettant d’agir en amont dans les zones les plus exposées.
Comprendre le retrait‑gonflement des argiles (RGA)
Le retrait-gonflement des argiles (RGA) est un phénomène où les sols argileux se rétractent lors des sécheresses et regonflent à la reprise des pluies. Ces mouvements, lents mais répétés, fragilisent les fondations des constructions. Ainsi, des fissures peuvent apparaître sur les murs porteurs ou les façades, voire entraîner des déformations rendant parfois une maison inhabitable.
L’augmentation des épisodes de sécheresse, liée au changement climatique, amplifie ce phénomène. D’après le ministère de la Transition écologique, la sécheresse de 2022 a représenté un coût de 3,5 milliards d’euros. Les maisons anciennes ou à fondations superficielles, comme certaines constructions des années 1970, sont les plus vulnérables et les travaux correctifs peuvent être très onéreux.
Qui est concerné : zonage, chiffres et territoires touchés
Le nouveau zonage national du RGA, effectif au 1er juillet 2026 (arrêté du 9 janvier 2026), accroît considérablement le nombre de maisons touchées. Désormais, 55 % du territoire national est classé en zone d’exposition moyenne ou forte, contre 48 % en 2020.
- Près de 12,1 millions de maisons individuelles sont concernées, soit 61,5 % du parc existant.
- Régions les plus touchées : Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est.
- Tous les projets immobiliers (promesses de vente, actes sur terrains non bâtis, contrats de construction) conclus à partir du 1er juillet 2026 doivent intégrer ce nouveau zonage.
La carte Géorisques, mise à jour commune par commune, affiche ce niveau d’exposition pour chaque territoire à partir de juillet 2026.
Démarches pratiques : que faire si votre maison est fissurée ou menacée
- Vérifier l’exposition locale : consulter la carte Géorisques (mise à jour le 1er juillet 2026) pour connaître le niveau de risque de votre commune.
- Tester votre éligibilité aux aides avec le simulateur officiel du fonds prévention argile.
- Diagnostic préventif : demander un diagnostic de vulnérabilité dès que votre commune est classée à risque – il n’est plus nécessaire d’attendre les premières fissures.
- Constituer un dossier pour l’aide diagnostic et, si besoin, aide aux travaux (fissures jusqu’à 5 mm prises en compte).
- Conseil pratique : prendre des photos datées des fissures et réunir vos justificatifs (titre de propriété, avis d’imposition). Faire intervenir un professionnel de la construction reconnu est préférable pour sécuriser la démarche.
Agir tôt, dès la reconnaissance d’un risque, permet d’éviter de lourdes réparations ultérieures, parfois difficiles à faire prendre en charge par l’assurance.
Conséquences pour transactions, construction et assurances
Pour les acheteurs et vendeurs, ce nouveau zonage impose d’intégrer le risque argile lors des transactions immobilières à partir du 1er juillet 2026. Les promesses de vente, contrats de construction et actes notariés sur terrains constructibles dans les zones impactées devront mentionner l’exposition RGA.
Sur le plan financier, les travaux de stabilisation ou de rénovation après fissuration restent lourds, comme l’a illustré la sécheresse de 2022 avec 3,5 milliards d’euros de dommages. Ces réparations sont parfois difficiles à faire prendre en charge par les assureurs. Il est conseillé d’exiger une évaluation du risque argile, un diagnostic récent et d’intégrer le sujet dans la négociation ou les clauses suspensives du contrat.
Sources
Source : Géorisques, Ministère de la Transition écologique, Fonds prévention argile
FAQ - Questions fréquentes
Depuis le 1er mai 2026, le fonds prévention argile propose deux aides : un diagnostic de vulnérabilité et une aide aux travaux préventifs. Les maisons jusqu’à trois niveaux sont éligibles, même sans fissures visibles, et le seuil pour les fissures aidées passe de 1 mm à 5 mm. L’éligibilité est soumise à des conditions de ressources vérifiables via un simulateur officiel, afin d’agir en amont face au retrait-gonflement des argiles.
Le retrait-gonflement des argiles (RGA) correspond aux mouvements des sols argileux qui se rétractent pendant les sécheresses et gonflent lors des pluies. Ces mouvements répétés fragilisent les fondations, provoquant des fissures sur les murs porteurs ou façades et pouvant rendre une maison inhabitable. Le changement climatique augmente la fréquence de ces épisodes, augmentant ainsi le risque pour les constructions, notamment les anciennes ou à fondations superficielles.
À compter du 1er juillet 2026, 55 % du territoire national est classé en zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, contre 48 % en 2020. Cela concerne environ 12,1 millions de maisons individuelles, soit 61,5 % du parc existant, particulièrement en Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est. Ce zonage est intégré dans tous les projets immobiliers post juillet 2026.
Les propriétaires doivent d’abord consulter la carte Géorisques à jour depuis le 1er juillet 2026 pour vérifier le niveau de risque local. Ils peuvent ensuite tester leur éligibilité aux aides via le simulateur officiel, demander un diagnostic de vulnérabilité même sans fissures visibles, et constituer un dossier pour les aides, incluant des photos datées des fissures et justificatifs. Faire appel à un professionnel reconnu est recommandé pour sécuriser la démarche.
Depuis le 1er juillet 2026, les promesses de vente, contrats de construction et actes notariés dans les zones impactées doivent mentionner le risque retrait-gonflement des argiles. Ce risque doit être intégré lors des négociations, notamment du fait du coût élevé et des difficultés possibles pour faire prendre en charge par l’assurance les travaux liés aux fissures, comme l’a montré la sécheresse de 2022 avec ses 3,5 milliards d’euros de dégâts.
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