Les pays où s'expatrier pour survivre au réchauffement climatique selon une étude
Entre canicules, incendies et inondations, certaines régions d’Europe deviennent de plus en plus difficiles à vivre. Une étude internationale trace les contours d’une géographie de la résilience climatique.

Face à la montée en puissance des catastrophes climatiques, la question devient pressante : où vivre demain pour échapper aux pires effets du dérèglement du climat ? Si elle semble encore relever de la science-fiction pour certains, elle est déjà une réalité pour d’autres, notamment dans les pays du sud de l’Europe, régulièrement frappés par des épisodes de sécheresse, des incendies incontrôlables ou des vagues de chaleur extrême.
Selon une étude relayée par la Frankfurter Rundschau, les populations les plus aisées ont déjà commencé à envisager des destinations plus sûres, non seulement pour se protéger du climat, mais aussi pour des raisons économiques, sociales ou politiques.
Une cartographie mondiale des zones les plus résilientes
Réalisée à partir du Gain Index de l’université de Notre-Dame (États-Unis), cette recherche évalue la vulnérabilité des pays au changement climatique en croisant 45 indicateurs : stabilité politique, infrastructures, ressources naturelles, capacité d’adaptation, etc.
Sans surprise, ce sont les pays du nord de l’Europe qui arrivent en tête. Démocraties solides, prospérité économique et abondance en eau ou en énergies renouvelables leur donnent une longueur d’avance.
Voici le top 10 des pays les plus sûrs pour envisager un avenir climatique plus stable :
- Norvège – institutions solides, énergies renouvelables, ressources en eau abondantes
- Finlande – fort plan national d’adaptation, gestion efficace des ressources naturelles
- Suisse – infrastructures solides mais plus exposée aux risques alpins
- Danemark – pionnier en énergies vertes et gestion de l’urbanisme durable
- Suède – réactivité rapide en cas de crise climatique
- Singapour – investissements massifs pour lutter contre les inondations
- Nouvelle-Zélande – stabilité politique, terres fertiles, mais exposée aux pluies extrêmes
- Royaume-Uni – stratégie nationale d’adaptation, mais vulnérabilité aux canicules et inondations
- Allemagne – infrastructures robustes mais impactée par des crues et vagues de chaleur
- Australie – économie solide, mais exposée aux incendies et sécheresses
Une fuite climatique déjà amorcée
Loin d’être théorique, cette migration climatique est déjà en marche. La Nouvelle-Zélande, par exemple, attire de nombreux investisseurs internationaux, séduits par sa stabilité politique et son environnement fertile. Des villes comme Wellington voient affluer une clientèle étrangère fortunée à la recherche de havres climatiques.
Singapour, de son côté, s’est imposé comme une référence en matière d’adaptation urbaine, grâce à des investissements colossaux dans la prévention des inondations et le verdissement de la ville.
Un exil climatique encore incertain
Mais l’exil climatique ne se résume pas à une simple relocalisation. Il dépend aussi de nombreux facteurs : barrières linguistiques, marché de l’emploi, conditions d’accueil, accès au logement... Et surtout, il repose sur une donnée instable : l’évolution du climat lui-même.
Même les pays les mieux classés ne sont pas à l’abri de surprises climatiques ou de retournements géopolitiques. C’est pourquoi l’étude rappelle qu’il ne s’agit pas de chercher une « terre promise », mais plutôt d’anticiper, s’adapter et renforcer collectivement les capacités de résilience.