Lifestyle | Il ronge de la neige et survit 6 jours seul dans la "zone de la mort" de l'Everest
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Il ronge de la neige et survit 6 jours seul dans la "zone de la mort" de l'Everest

Publié par Météocity Lifestyle , le 08 juin 2026 à 14:26

Un guide népalais a survécu six jours, seul sur les pentes de l’Everest, en pleine tempête. Retour sur une aventure glaçante et les secrets derrière cet exploit que tout le monde pensait impossible.

Avalanche

Un miracle trouvé au sommet du monde

Hillary Dawa, 52 ans, guide de haute montagne, a été retrouvé vivant sur l’Everest après avoir disparu pendant six jours entre la fin mai et le début juin 2026.

Ce n’est pas une fiction, c’est l’un des récits les plus saisissants de l’année pour la planète montagne. Porté disparu le 30 mai, il a été retrouvé le 4 juin par hasard par les équipes du Sagarmatha Pollution Control Committee. Il gisait épuisé, les doigts totalement gelés et la jambe fracturée… mais vivant.

Sa famille, elle, avait déjà commencé à préparer les cérémonies funéraires. À près de 7 000 mètres d’altitude, dans la fameuse “zone de la mort” où survivre se compte en heures, sa résistance relève presque du surnaturel.

Que s’est-il passé ? Chronologie glaciale

Dawa Sherpa avait hissé un alpiniste britannique, Chris Thrall, jusqu’au sommet de l’Everest le 29 mai. Puis, à la descente, tout bascule. Les deux hommes se séparent après l’épuisement des réserves d’oxygène de Dawa.

"À mesure que l’oxygène s’épuisait, j’ai pris du retard. Une fois l’oxygène terminé, je ne pouvais plus marcher", racontera-t-il à la BBC depuis son lit d’hôpital à Katmandou.

La suite tient du scénario d’épouvante :

  • Deux premiers jours : rien à manger, seulement la neige à ronger – “Ça me faisait mal aux dents”, avoue-t-il.
  • Il réussit à retrouver quelques chocolats enfouis dans ses poches et les trempe dans un peu d’eau pour gagner quelques forces.
  • Victime d’une chute dans une crevasse, il parvient tout de même à remonter en se hissant sur une corde retrouvée sur place.
  • Il rampe, poignées gelées, jusqu'à être enfin aperçu par une équipe de nettoyage en montagne le matin du 4 juin.

Quand on pense que cinq alpinistes ont déjà trouvé la mort sur ce même sommet depuis le début de l’année, la dimension mystérieuse de sa survie frappe les professionnels du secteur.

La survie sur l’Everest : ficelles d’experts et gestes de la dernière chance

À partir de 7 000 mètres, chaque détail compte. Mathis Dumas, guide et vidéaste de l’extrême, rappelle : "La préparation est le premier facteur de sécurité." Mais rien ici n'était théorique.

Dawa a fait preuve d’un sang-froid hors norme :

  • Limiter l’effort et économiser au maximum son énergie
  • S'isoler du sol pour éviter de perdre trop de chaleur
  • Utiliser la neige – la seule ressource disponible – comme source d’eau, même au prix d'une douleur tenace
  • Se rationner et accepter l’inconfort extrême, jusqu’à ramper pour avancer

La gestion du froid, de la déshydratation et de l’hypoxie s’impose alors comme le vrai trio fatal pour l’alpiniste piégé.

"En montagne, les accidents sont rarement liés à une seule erreur mais plutôt à une accumulation de petits facteurs défavorables", selon Mathis Dumas. Sous 8 000 mètres, "on n’a moins d’oxygène, nos capacités sont diminuées…", confie un guide de l’ENSA à Chamonix, insistant sur l’alliance terrible entre isolement, visibilité nulle et températures extrêmes.

Tempête, équipe séparée : la polémique sur la solidarité en montagne

La crise vient aussi d’un dysfonctionnement humain. Une question hante désormais la communauté : comment un guide a-t-il pu se retrouver seul, abandonné par son client ?

Le président de l’Association des alpinistes népalais ne décolère pas : "En montagne, on se fait confiance et on s’aide. Il est irresponsable et inhumain de laisser quelqu’un seul." La fille de Dawa elle-même n’a pas caché son incompréhension devant la lenteur des secours.

Le compagnon britannique, Chris Thrall, n’a pas attendu – il a poursuivi sa descente après la séparation. Ce choix fracture la solidarité qui règne d’ordinaire sur l’Everest.

Résultat : la famille réclame des comptes, l’Association demande une enquête pour comprendre les défaillances et prévenir de nouveaux drames.

Miracle ou leçon de survie ? Ce que retient le “peuple de la météo”

Cet exploit n’est pas qu’une histoire de résistance physique, c’est un véritable case-study pour tous ceux qui suivent la météo de très près. Prévoir la tempête, comprendre la neige, juger la progression du vent et la chute du mercure, voilà ce qui fait la différence à de telles altitudes.

Mais même la lecture météorologique la plus avisée ne prémunit pas contre la succession de galères qui s’enchaînent aussi vite que les bourrasques au sommet du monde.

"L’expérience reste probablement le meilleur outil de survie. Savoir renoncer, faire demi-tour ou modifier un objectif avant que la situation ne devienne critique constitue souvent la meilleure décision", tranche Mathis Dumas.

Reste que, cette fois, l’homme plus fort que la montagne, c’était Dawa. Pour une fois, la météo s’est inclinée.


FAQ - Questions fréquentes

Hillary Dawa a survécu grâce à son sang-froid et sa gestion de l'effort. Il a limité ses mouvements pour économiser son énergie, s'est isolé du sol pour conserver la chaleur, s'est hydraté en faisant fondre la neige malgré la douleur, et s'est rationné en utilisant des chocolats qu'il a trouvés. Même victime d'une chute dans une crevasse, il a réussi à remonter en s'aidant d'une corde avant d'être retrouvé par une équipe de nettoyage.

La séparation est survenue lorsque les réserves d'oxygène de Dawa étaient épuisées. Sur la descente après le sommet atteint le 29 mai, Dawa a pris du retard à mesure que son oxygène diminuait jusqu'à ne plus pouvoir marcher, obligeant Chris Thrall à continuer seul. Cette décision a suscité une polémique quant à la solidarité en montagne.

À partir de 7 000 mètres, les dangers majeurs sont le froid, la déshydratation et l'hypoxie, c'est-à-dire le manque d'oxygène. Ces facteurs, combinés à des conditions extrêmes de visibilité nulle, isolement et températures très basses, affectent gravement les capacités physiques et mentales, augmentant le risque d'accident.

La controverse vient du fait qu'un guide de montagne, Hillary Dawa, s'est retrouvé seul et abandonné par son client britannique lors d'une tempête. Ce comportement est jugé irresponsable et contraire à la confiance et l'aide mutuelle attendues en montagne. La famille de Dawa et l'Association des alpinistes népalais ont demandé une enquête sur ces manquements.

Cette histoire souligne l'importance de la préparation, de l'expérience et de la capacité à renoncer ou modifier ses objectifs face aux conditions dangereuses. La météorologie et la prévision de tempêtes jouent un rôle crucial, mais l'expérience reste le meilleur outil pour prendre la bonne décision avant que la situation ne devienne critique.

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