Lifestyle | Cet oiseau ne touche presque jamais terre, il peut passer jusqu'à 10 mois dans les airs
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Cet oiseau ne touche presque jamais terre, il peut passer jusqu'à 10 mois dans les airs

Publié par Météocity Lifestyle , le 19 sept. 2026 à 16:00

Voler tout le temps, sans presque jamais toucher terre : le martinet noir bouleverse tout ce que l’on pensait savoir sur la vie des oiseaux en Europe. Ce migrateur intrépide passe près de dix mois par an sans atterrissage, révélant une adaptation spectaculaire à la vie dans le ciel.

Common Swift. © Frank Oosterbaan

À retenir

  • Le martinet noir reste en vol près de dix mois par an et passe 99,5 % de son temps en l’air.
  • Il se nourrit, boit et se reproduit en vol, nichant uniquement dans des cavités de façades entre mi-mars et fin août.
  • Les populations chutent (−65 % en France) à cause de la perte de cavités et de la baisse des insectes ; préserver les façades aide.

Le martinet noir, champion du vol ininterrompu

On le confond trop souvent avec l’hirondelle, mais le martinet noir (Apus apus) trace sa route bien au-dessus des clichés. Silhouette fuselée, ailes en faucille, il frôle les toits et perce la lumière à près de 100 km/h en ville. Entre deux cycles de nidification, il passe plus de 99,5 % de son temps en l’air.

Au printemps, on le retrouve dans toute l’Europe, puis il file vers l’Afrique subsaharienne. Selon des études menées dès 2016 par des équipes scandinaves, treize martinets noirs équipés de minuscules capteurs n’ont pratiquement jamais posé une patte au sol sur une période de dix mois.

Sur cette durée, seule une brève étape terrestre leur est accordée, le temps de porter et d’élever les jeunes. L’animal passe donc presque toute cette période suspendu entre ciel et terre.

Un mode de vie aérien extrême, entre proies et nuages

Le martinet noir pousse l’aéronautique à un niveau insoupçonné. Toujours en vol, il chasse, boit, s’accouple, et, selon les observations, il monte à la nuit tombée jusqu’à 2 000 à 3 000 mètres avant de planer lentement lors de la descente stable.

Les spécialistes avancent l’hypothèse qu’il pourrait dormir en descendant, mais aucune preuve directe n’existe à ce jour pour cette espèce. Le sommeil unihémisphérique, lui, a été démontré chez la frégate du Pacifique, qui peut dormir en vol avec un seul hémisphère cérébral actif.

Son alimentation reflète cette prouesse : insectes volants attrapés au rythme du vent, jusqu’à 500 insectes récoltés pour nourrir une nichée, selon la météo. Pour boire, il effleure la surface d’un lac d’un simple coup de bec en rase-mottes, sans jamais s’arrêter.

Un oiseau qui ne se pose jamais, ou presque…

Sous son plumage sombre, le martinet cache un secret d’évolution : des pattes minuscules, incapables d’agripper une branche ou un fil électrique. Il ne peut se poser qu’à la verticale, directement sur une façade ou sous un toit. Cette contrainte l’oblige à trouver des anfractuosités dans les bâtiments pour nicher, généralement de la mi-mars à fin août.

La période de reproduction s’étale sur deux mois : le temps de pondre, couver et élever les jeunes, qui ne quittent le nid qu’avec 42 jours d’âge et des plumes d’ailes mesurant 155 millimètres. Pour les jeunes jetés hors du nid trop tôt, souvent lors de pics de chaleur supérieurs à 50 °C sous les toits, seule une prise en charge d’urgence, puis une remise en hauteur, peut leur permettre d’espérer reprendre leur envol.

La menace invisible des villes et du climat

Le sort du martinet noir dépend aujourd’hui de nos choix urbains. Depuis vingt-cinq ans, selon la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), les effectifs ont chuté de 65 % en France. En cause, l’isolation thermique des façades, les ravalements, la destruction des vieux édifices et des cavités où ils nichaient – la perte d’habitat demeure le danger principal.

Une baisse de la biomasse d’insectes, ressource alimentaire essentielle des martinets, complique également leur survie. Aucun effet direct du changement climatique sur la migration n’a été démontré, mais les vagues de chaleur provoquent des pertes importantes chez les jeunes.

Protéger les martinets : des gestes simples pour un oiseau insolite

On peut encore agir. Parmi les solutions les plus efficaces :

  • Éviter tout chantier lourd sur les façades et toitures entre la mi-mars et la fin août, période de nidification critique ;
  • Installer des nichoirs adaptés lorsque l’on bouche des cavités anciennes, en particulier lors des rénovations urbaines ;
  • Sensibiliser les professionnels du bâtiment à l’intérêt écologique de préserver ces refuges ;
  • Recueillir tout martinet retrouvé au sol, et le replacer en hauteur pour lui laisser une chance de redécoller – attention à ne jamais tenter de l’alimenter avec autre chose que des insectes si c’est un jeune.

Des mesures à la fois utiles et peu dispendieuses qui permettent d’offrir de nouvelles opportunités de nidification à cette espèce en déclin.

Comment distinguer un martinet d’une hirondelle ?

La confusion persiste dans les esprits, mais quelques détails permettent de séparer ces deux as du ciel :

  • Corps sombre intégral chez le martinet noir, alors que l’hirondelle arbore un ventre blanc ;
  • Longues ailes arquées, silhouette très effilée et vol haut chez le martinet ;
  • Absence de pattes développées, impossible de se poser au sol pour le martinet (son nom scientifique, Apus, signifie « sans pied ») ;
  • Vitesse de croisière supérieure, et vols planés plus longs sans battements d’ailes.

Le martinet noir, symbole d’une adaptation extrême

Le martinet noir bouscule non seulement le regard que l’on porte sur la nature, mais aussi nos propres pratiques urbaines. Son vol infini rappelle la complexité de la biodiversité que l’on côtoie sans toujours la voir, portée par des performances qui forcent l’admiration. Conserver ces virtuoses de l’air, c’est aussi préserver l’idée que la nature sait encore nous surprendre. À condition de ne pas trop boucher les trous dans les murs.

Source

Source : LPO, Université de Lund, Current Biology


FAQ - Questions fréquentes

Le martinet noir est adapté à une vie aérienne extrême : silhouette effilée et ailes en faucille lui permettent de chasser, boire, s’accoupler et élever ses jeunes en vol. Des études montrent qu’il passe près de dix mois par an en l’air et plus de 99,5 % de son temps entre deux cycles de nidification, ne se posant au sol que très rarement en raison de pattes trop petites pour s’agripper.

On distingue le martinet par son plumage sombre intégral, ses longues ailes arquées et sa silhouette très effilée en vol, contrairement à l’hirondelle qui a le ventre blanc. Le martinet vole plus haut et plus vite, peut planer longtemps et possède des pattes atrophiées rendant le posé au sol impossible, ce qui explique son nom scientifique Apus, « sans pied ».

Les effectifs ont fortement diminué, avec une baisse de 65 % en France sur vingt-cinq ans selon la LPO, principalement à cause de la perte d’habitat due à l’isolation des façades, les ravalements et la destruction des cavités de nidification. La baisse de la biomasse d’insectes complique l’alimentation, et les vagues de chaleur provoquent des pertes importantes chez les jeunes, même si aucun effet direct du changement climatique sur la migration n’a été démontré.

Plusieurs gestes simples aident : éviter les travaux lourds sur façades et toitures entre la mi-mars et fin août, installer des nichoirs adaptés lors de rénovations, sensibiliser les professionnels du bâtiment à préserver les cavités et recueillir et replacer en hauteur tout martinet retrouvé au sol, en veillant à ne pas l’alimenter autrement que par des insectes s’il s’agit d’un jeune.

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