Prévisions météo | Les vagues de chaleur auraient causé 7 300 morts cet été en France
Prévisions météo

Les vagues de chaleur auraient causé 7 300 morts cet été en France

Publié par Claire Météocity , le 20 août 2026 à 10:00

Les vagues de chaleur successives qui ont frappé la France depuis le mois de mai ont déjà provoqué une surmortalité estimée à 7 300 décès en excès, selon un bilan provisoire établi par Santé publique France.

Un vaste paysage aride montrant une terre craquelée, de l'eau et de la végétation éparse sous un ciel dégagé. © Feyza Daştan

À retenir

  • Santé publique France recense 7 300 décès en excès depuis mai, bilan provisoire établi au 18 août 2026.
  • Les personnes de plus de 75 ans concentrent près des trois quarts des surmortalités, avec hôpitaux et Ehpad fortement touchés.
  • Les vagues de chaleur successives, dont juillet le plus chaud jamais mesuré, renforcent l’urgence d’adaptation et de prévention sanitaire.

Une succession d’épisodes de chaleur exceptionnels depuis mai

Dès la fin du mois de mai, la France a connu une première vague de chaleur – du 24 au 28 mai 2026 –, suivie par un épisode exceptionnel du 17 au 30 juin, puis par une période étendue du 3 au 22 juillet. Depuis le 28 juillet, une troisième vague, la deuxième plus longue jamais enregistrée, est en cours.

Le mois de juillet 2026 s’affiche comme le plus chaud jamais mesuré dans le pays depuis le début des observations météorologiques au XXe siècle. Les Pays de la Loire figurent parmi les territoires les plus touchés en termes de surmortalité, accentuant l’impact sanitaire sur la population.

Une surmortalité chiffrée : 7 300 décès en excès déjà recensés

Le dernier recensement de Santé publique France, établi à partir de 80 % des certificats de décès remontés jusqu’au 18 août 2026, évalue à 7 300 le nombre de morts en excès toutes causes confondues depuis le début de l’été. Ce bilan, encore provisoire, ne tient pas compte de l’ensemble des décès à effet différé ni de la vague de chaleur actuelle, ce qui le rend susceptible de s’alourdir lors de la publication définitive prévue en octobre.

PériodeMorts en excès (toutes causes)
24–28 mai 2026300
17–30 juin 20265 764
3–22 juillet 20261 236
Total provisoire7 300

La vague de juin a particulièrement marqué les esprits : elle a généré un excès de décès inférieur à la canicule d’août 2003, mais son intensité, selon Santé publique France, l’a dépassée sur plusieurs paramètres.

Personnes âgées et territoires particulièrement exposés

L’analyse par âge met en évidence la vulnérabilité accrue des plus de 75 ans, victimes de près des trois quarts des décès en excès recensés sur la période de juillet. Néanmoins, on observe un excès de mortalité dès l’âge de 45 ans et, lors de la période de juin, à partir de 15 ans.

Parmi les lieux de décès, les hôpitaux concentrent plus de la moitié des surmortalités, devant les Ehpad et les domiciles privés, où l’augmentation est aussi notable.

Toutes les régions continentales ont été touchées, mais la Corse s’est singularisée en étant épargnée, grâce à une exposition moindre aux plus fortes températures.

La région Pays de la Loire figure en tête des territoires affectés avec 236 morts en excès entre le 3 et le 22 juillet (+21,4 %), suivie de l’Auvergne‑Rhône‑Alpes (163), de la Bretagne (152) et de l’Île‑de‑France (141). À l’échelle départementale, l’Orne dépasse 50 % de surmortalité relative sur la période, le Maine‑et‑Loire, la Haute‑Savoie ou le Lot dépassant +25 %.

Effets sanitaires : recours aux urgences et particularités

Le lien direct entre chaleur et mortalité reste à affiner dans le bilan final, toutes causes confondues étant comptabilisées à ce stade. Santé publique France a toutefois relevé entre le 11 et le 15 août un nombre quotidien de passages aux urgences oscillant entre 230 et 305 pour des motifs liés à l’hyperthermie, la déshydratation ou des troubles ioniques (hyponatrémie), des pathologies associées aux coups de chaleur.

Cette surmortalité a également mis en évidence un “signal notable de décès à domicile”, survenant parfois hors du circuit de soins classiques. Les établissements de santé, tout comme le secteur médico-social, se retrouvent de nouveau mis à l’épreuve par la répétition de ces épisodes, nécessitant anticipation et adaptation.

Prévention et adaptation face à une menace durable

Pour Santé publique France, jamais autant de décès en excès n’avaient été observés lors d’un été caniculaire depuis 2003, sans atteindre toutefois ce pic dramatique. Les autorités sanitaires soulignent l’urgence de poursuivre l’adaptation du système de santé et la mise en œuvre de mesures de prévention à long terme — plans de gestion des vagues de chaleur, protection des personnes à risque et suivi renforcé des indicateurs sanitaires lors des épisodes extrêmes.

La publication du bilan définitif, prévue en octobre 2026, précisera la part exacte de la surmortalité directement liée à la chaleur. D’ici là, la vigilance reste de mise pour réduire au maximum les conséquences de ces phénomènes climatiques désormais récurrents.

Source : Santé publique France, Météo-France


FAQ - Questions fréquentes

Ce chiffre provient du bilan provisoire de Santé publique France établi à partir de 80 % des certificats de décès reçus jusqu’au 18 août 2026; il totalise les morts en excès toutes causes confondues sur les vagues de chaleur depuis mai et peut augmenter car il ne couvre pas tous les décès à effet différé ni la vague en cours.

La France a connu une première vague du 24 au 28 mai, une vague exceptionnelle du 17 au 30 juin, une période étendue du 3 au 22 juillet, puis depuis le 28 juillet une troisième vague, la deuxième plus longue jamais enregistrée; juillet 2026 est le mois le plus chaud mesuré depuis le début des observations.

Les plus de 75 ans représentent près des trois quarts des décès en excès en juillet, mais un excès apparaît dès 45 ans (et dès 15 ans en juin); les hôpitaux concentrent plus de la moitié des décès, suivis des Ehpad et des domiciles; toutes les régions continentales ont été touchées, la Corse étant épargnée, et les Pays de la Loire figurent parmi les plus affectées.

Entre le 11 et le 15 août, Santé publique France a relevé 230 à 305 passages quotidiens aux urgences pour hyperthermie, déshydratation ou troubles ioniques, et le bilan signale un nombre notable de décès à domicile, parfois hors du circuit de soins, mettant à l’épreuve les établissements de santé et le secteur médico‑social.

La publication du bilan définitif est prévue en octobre 2026 et visera à préciser la part de la surmortalité directement liée à la chaleur; d’ici là, les autorités sanitaires appellent à poursuivre l’adaptation du système de santé et la mise en œuvre de mesures de prévention et de suivi des indicateurs sanitaires.

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