Le niveau de ce lac passe de 30 à 9 mètres, les habitants écrivent de grands "HELP" visibles du ciel
Sur les rives du lac des Brenets, à la frontière du Doubs et du canton de Neuchâtel, un paysage lunaire s’est imposé. L’eau a quasiment disparu, laissant place à une végétation inattendue et des appels à l’aide visibles du ciel. À force de sécheresses répétées et de failles géologiques, le lac s’éteint, et on assiste à l’une des situations les plus critiques jamais observées sur ce site emblématique.
À retenir
- Navigation arrêtée depuis le 20 juillet 2026 : 20 bateaux immobilisés et activité commerciale suspendue.
- Niveau du lac tombé à 9 m contre 25–30 m habituellement, perte d’environ deux tiers d’eau.
- Suspension de la navigation cinq fois entre 2018 et 2026; Saut du Doubs de 27 m désormais à sec.
Lac des Brenets vidé, navigation figée : l’activité stoppée nette depuis juillet
En plein cœur de l’été 2026, le choc a été brutal. Dès le 20 juillet, la navigation a été totalement interrompue sur ce lac emblématique, aussi appelé lac de Chaillexon côté français. Plus un bateau, plus la moindre croisière possible dans ce décor alpin. Ce n’est pas une première, mais cette année, on a franchi un seuil critique : 20 bateaux restent désormais à quai, la compagnie de navigation locale étant contrainte d’arrêter toute activité commerciale en pleine saison.
Le niveau du lac a littéralement plongé. Là où l’on trouvait ordinairement entre 25 et 30 mètres d’eau, il ne subsiste aujourd’hui que 9 mètres, soit une perte de près des deux tiers selon les observations réalisées sur place. Le record historique d’étiage remonte à 1906, mais on s’en approche dangereusement.
| Niveau de l’eau habituel (m) | 2026 (m) | Navigation possible en 2026 | Record de cote minimale |
|---|---|---|---|
| 25 à 30 | 9 | Non | 1906 (seuil historique) |
On n’imaginait pas, il y a encore quelques années, que le célèbre Saut du Doubs, cette grande chute de 27 mètres, pourrait un jour cesser de couler. Aujourd’hui, elle est complètement à sec.
A lake on the France–Switzerland border has nearly disappeared. Lac des Brenets fell to 735.34 meters on October 1, 2026 — about 14.66 meters (48 ft) below its normal reference level. The word “HELP,” written across the exposed lakebed by local residents, has become a striking symbol of just how far the water has retreated. The extreme low water is linked to a combination of geological leakage through underground fractures, below-average rainfall and repeated heatwaves. The nearby 27-meter Saut du Doubs waterfall has also stopped flowing. Lac des Brenets, France–Switzerland border.
— Architecture Hub (@archpng) October 6, 2026
Un phénomène devenu fréquent : sécheresse, relief karstique et disparition de l’eau
Si le lac s’est vidé aussi vite cette année, ce n’est pas le fruit du hasard. Deux facteurs se conjuguent ici de façon explosive : une sécheresse extrême liée aux perturbations du climat et une géologie locale très particulière, qu’on appelle relief karstique. Cette formation favorise l’infiltration rapide des eaux vers le sous-sol à travers de multiples fissures et cavités. Résultat, dès que la pluie se fait rare, l’eau s’évanouit sous terre et le lit du lac se transforme en champ.
Depuis la sécheresse de 2018, on assiste à un scénario récurrent. Les riverains le constatent amèrement : l’assèchement drastique du lac se produit tous les deux ans, parfois même avec une régularité annuelle. Pour les habitants, l’inquiétude s’est transformée en frustration et en sentiment d’abandon.
Malgré la mise en place d’une “task force” franco-suisse en 2022 pour tenter de limiter ces fuites d’eau, aucun chantier concret n’a démarré à ce jour. Les études se succèdent, l’eau, elle, continue de fuir.
Appels à l’aide sur fond de crise écologique : un écosystème étouffé
Le choc ne se limite pas au paysage ou à la navigation. Sous la surface réduite, la vie aquatique se trouve dans une impasse. Les poissons s’accumulent dans les rares poches d’eau restantes, en saturation à cet endroit. Les conséquences écologiques sont majeures : tout l’écosystème subit une pression inédite.
C’est sur la terre nue que les riverains ont choisi de faire entendre leur détresse. À l’emplacement du lit du lac désormais colonisé par les herbes, de gigantesques lettres “HELP” et “SOS” ont été tracées, parfaitement visibles depuis le ciel.
Un territoire et son économie menacés : quelles issues possibles ?
L’impact économique pour le secteur du tourisme et pour les familles du Doubs et du canton de Neuchâtel est lourd. La navigation sur le lac – pilier de l’activité saisonnière – a été suspendue pour la cinquième fois en huit ans. Les commerçants et restaurateurs voient défiler les saisons sans visiteurs, tandis que la perspective d’un retour à la normale s’éloigne sans solution structurelle.
On sait aujourd’hui que les paysages de montagne, les lacs et les cascades paient un lourd tribut aux désordres climatiques et à la fragilité de leur environnement. Les épisodes de sécheresse ne devraient pas se tarir. Ici, comme ailleurs, le territoire est mis au défi d’inventer de nouvelles solutions, avant que le “HELP” tracé sur la végétation ne soit, un jour, tout ce qu’il restera de ce coin de Franche-Comté et de Suisse.
| Année | Nombre d’interruptions de navigation |
|---|---|
| 2018-2026 | 5 |
FAQ - Questions fréquentes
Le lac des Brenets s'est vidé en 2026 à cause de la conjonction d'une sécheresse extrême liée aux perturbations climatiques et d'un relief karstique local qui favorise l'infiltration rapide de l'eau vers le sous-sol. Ces deux facteurs ont accéléré la disparition de l'eau du lac, transformant le lit en herbe et entraînant une chute drastique du niveau, passé de 25–30 mètres à seulement 9 mètres.
La baisse du niveau a conduit à l'arrêt complet de la navigation depuis le 20 juillet 2026, laissant 20 bateaux à quai et supprimant les croisières touristiques. Cette interruption, la cinquième entre 2018 et 2026, pèse sur le tourisme, les commerçants et les restaurateurs locaux, qui voient les saisons sans visiteurs et craignent l'absence de solution structurelle pour un retour à la normale.
La réduction des surfaces d'eau concentre la vie aquatique dans de rares poches, provoquant une saturation et une pression inédite sur les poissons et l'écosystème. Les riverains témoignent de cet étouffement écologique et ont tracé des messages « HELP » et « SOS » sur la terre désormais colonisée par la végétation pour alerter sur la gravité de la situation.
Une task force franco-suisse a été mise en place en 2022 pour tenter de limiter les fuites d'eau liées au relief karstique, mais à ce jour aucun chantier concret n'a démarré. Les études se succèdent sans intervention structurelle effective, et l'eau continue de fuir, aggravant l'assèchement récurrent observé depuis la sécheresse de 2018.
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