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Un requin dormeur observé pour la première fois dans les profondeurs glaciales de l’Antarctique

Publié par Météocity , le 23 févr. 2026 à 15:20

La présence d’un requin dans l’océan Austral, au large des îles Shetland du Sud, bouleverse la perception scientifique de la faune antarctique. Cette découverte marque une avancée sur la compréhension des espèces vivant dans des conditions extrêmes.

Un requin nage dans la mer Pour la première fois, un requin a été aperçu dans les eaux de l'Antarctique

Résumé

  • En janvier, un requin dormeur a été filmé à près de 500 mètres de profondeur dans l’océan Austral.
  • Jamais jusqu’ici un tel requin n’avait été observé dans les eaux antarctiques, réputées trop froides pour l’espèce.
  • Les images, prises par l’équipe du Minderoo-UWA Deep-Sea Research Centre, montrent un animal de 3 à 4 mètres dans une eau à 1,27 °C.
  • La découverte questionne sur les impacts possibles du réchauffement des océans sur la répartition des espèces.

Une première dans l’océan Austral

En janvier, une expédition scientifique australienne a capté pour la première fois les images d’un requin dormeur dans les eaux profondes au sud de la péninsule Antarctique, tout près des îles Shetland du Sud. L’observation s’est déroulée à 490 mètres de profondeur, une zone où l’eau n’atteint guère plus de 1 °C. Jusqu’à cette date, la communauté scientifique pensait que les requins étaient absents de cette région, considérant le froid extrême comme une limite infranchissable pour ce type de poisson.

L’équipe du Minderoo-UWA Deep-Sea Research Centre, basée en Australie, a utilisé une caméra sous-marine spécialement conçue pour résister aux pressions et températures des grands fonds. Si de tels progrès technologiques sont fréquents en France, ils révolutionnent aussi la recherche en zones polaires.

Caractéristiques du requin et enjeux scientifiques

Les chercheurs ont du mal à établir avec certitude l’espèce exacte à partir des images vidéo, mais il s’agirait probablement d’un Somniosus antarcticus, aussi appelé requin dormeur antarctique. Ce type de requin évolue lentement et survit dans des températures très basses. Les chercheurs ont récupéré des échantillons d’ADN dans l’eau pour affiner l’identification.

Le requin pourrait se nourrir de carcasses de baleines ou de calmars géants, typiques de ces profondeurs. Durant la même campagne, une raie est aussi restée figée sur le fond marin, témoignant de l’existence d’une faune encore peu connue dans ces eaux extrêmes.

Redéfinir la carte des profondeurs antarctiques

L’apparition de ce requin remet en cause des décennies d’observations et d’idées reçues sur la distribution des requins. Certains scientifiques avancent l’hypothèse que ces animaux auraient pu fréquenter la région depuis longtemps, échappant tout simplement à l’observation humaine, rendue difficile par les moyens technologiques. D’autres évoquent la possibilité que le réchauffement progressif des océans favorise l’exploration de nouvelles zones par certaines espèces.

La surveillance des grands fonds antarctiques n’est effective que durant l’été austral, entre décembre et février, quand les équipements peuvent être déployés malgré le froid et la glace.

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FAQ - Questions fréquentes

Jamais jusqu’ici un requin n’avait été observé dans les eaux antarctiques, réputées trop froides pour l’espèce. Cette observation remet en cause des années d’idées reçues sur la faune antarctique et constitue une avancée dans la compréhension des espèces adaptables à des conditions extrêmes, tout en soulignant l’importance des nouvelles technologies d’exploration sous-marine.

Les chercheurs ont utilisé une caméra sous-marine spécialement conçue pour explorer les grands fonds à près de 500 mètres de profondeur. Ils ont observé un requin mesurant entre trois et quatre mètres. L’étude d’images vidéo ne permet pas d’identifier l’espèce avec certitude, mais des échantillons d’ADN prélevés dans l’eau devraient confirmer s’il s’agit bien d’un Somniosus antarcticus.

La découverte amène les chercheurs à s’interroger sur l’impact du réchauffement des océans, qui pourrait modifier la répartition des espèces et permettre à des animaux comme le requin dormeur d’explorer des zones autrefois jugées inhospitalières. Certains avancent toutefois que de telles espèces auraient pu être présentes depuis longtemps, mais invisibles faute de moyens d’observation adaptés.

La surveillance des grands fonds antarctiques n’est possible que durant l’été austral, lorsque les conditions permettent le déploiement du matériel malgré le froid. La technologie limite encore la fréquence des observations, rendant la découverte de certaines espèces rares ou insoupçonnées, comme ce requin filmé en janvier 2025, particulièrement significative.

L’apparition de ce requin dort remis en question des décennies d’observations et la notion que le froid extrême limite la variété d’espèces présentes en Antarctique. Cette surprise scientifique révèle que des créatures remarquables peuvent passer inaperçues dans des zones encore peu étudiées, appelant à poursuivre et intensifier la surveillance des environnements extrêmes.