Routes : une innovation pourrait les rendre plus résistantes face aux températures extrêmes
Face aux dégradations causées par le froid sur les routes, la recherche innove pour rendre les chaussées plus résistantes et moins polluantes. Une nouvelle solution employant des algues pourrait transformer l’entretien des infrastructures routières et renforcer leur durabilité, tout en réduisant leur empreinte environnementale.
Les limites de l’asphalte classique face au froid
Les routes en asphalte sont soumises à de rudes épreuves lors des épisodes de gel, neige et verglas. La couche de bitume utilisée comme liant, issue de la transformation du pétrole brut, devient fragile lorsqu’elle subit des températures basses. Cette fragilité se traduit par l’apparition de nids-de-poule et de fissures, des phénomènes qui déforment la chaussée, provoquent des accidents et augmentent les frais de réparation.
En hiver, la récurrence de ces dégâts complique la maintenance et affecte la sécurité. De plus, le bitume d’origine pétrolière contribue fortement aux émissions de gaz à effet de serre. D’où l’intérêt de chercher des solutions alternatives à la fois robustes et écologiques.
Des algues pour des routes plus solides et durables
Une équipe de chercheurs américains a exploré les propriétés de quatre espèces d’algues afin de développer des liants plus performants. Les tests réalisés en laboratoire ont montré que l’huile de la micro-algue Haematococcus pluvialis offre des avantages notables : elle confère à l’asphalte une flexibilité accrue, améliore sa résistance à l’humidité et limite les déformations dues au trafic.
Les analyses physiques, chimiques et rhéologiques, qui étudient la capacité d’un matériau à se déformer sous un effort, ont démontré qu’un asphalte modifié avec ce bioliant récupère jusqu’à 70 % de ses propriétés après une déformation comparé à une formulation classique. Cette capacité d’auto-réparation peut prolonger significativement la durée de vie de la voirie.
L’incorporation du bioliant permettrait d’atteindre la neutralité carbone si on en intègre 22 % dans l’asphalte, c’est-à-dire limiter ou compenser totalement les émissions de dioxyde de carbone générées sur l’ensemble du cycle de vie du matériau.
Vers des routes plus vertes et économiques
L’adoption de ces liants issus d’algues présente un double avantage : d’un côté, il améliore la robustesse de la chaussée, de l’autre, il contribue à limiter l’empreinte environnementale du secteur des infrastructures. En réduisant le fractionnement et les besoins en réparations, ces routes plus flexibles diminuent les interventions et donc les coûts associés.
Le passage à un asphalte enrichi de bioliant pourrait également permettre aux collectivités d’optimiser leurs budgets tout en alignant leurs politiques sur les objectifs de développement durable.