Actualités météo | Les tempêtes à répétition entraînent une hécatombe chez les Macareux moines
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Les tempêtes à répétition entraînent une hécatombe chez les Macareux moines

Publié par Claire Météocity , le 18 févr. 2026 à 11:59

Depuis la Tempête Nils, les échouages massifs de macareux moines bouleversent le littoral de la côte atlantique. À Ustaritz, l’association Hegalaldia a recueilli près de 300 oiseaux en quelques jours, tandis que 1 205 cadavres ont été retrouvés sur les plages de La Teste-de-Buch le 17 février.

Oiseau macareux moines

Résumé

  • Des centaines de macareux moines découverts échoués après la Tempête Nils sur les plages des Landes et de la Côte basque.
  • 1 205 macareux retrouvés morts sur la plage de La Teste-de-Buch le 17 février, seulement 3 retrouvés vivants.
  • À Ustaritz, l’association Hegalaldia a accueilli près de 300 oiseaux et reçu près de 2 000 appels en quelques jours.
  • Les oiseaux sont recueillis en hypothermie (35–37°C) et sévèrement dénutris (jusqu’à -60 % du poids), nécessitant un protocole de soins intensif.

Tempête Nils et intempéries : un enchaînement météo défavorable sur le littoral atlantique

Le littoral atlantique subit les conséquences d’une série de tempêtes ayant engendré vents violents, houle persistante et de fortes pluies. Cette succession de phénomènes, avec le passage de la Tempête Nils, a conduit à l’échouage de nombreux oiseaux, notamment des macareux moines. 

Les sources relèvent qu’ils arrivent affaiblis, épuisés et parfois blessés sur les plages après ces intempéries.

Le phénomène touche bien au-delà de la côte basque ou des Landes : de la Bretagne au Pays basque, ce sont des kilomètres de littoral où les oiseaux marins apparaissent en détresse ou déjà morts, ce qui témoigne de l’impact de ces tempêtes hivernales.

Des chiffres qui montrent l’ampleur : Landes, Bassin d’Arcachon, Côte basque

Le 17 février, une opération de recensement a été menée de La Teste-de-Buch jusqu’à Biscarrosse sur une vingtaine de kilomètres. Le bilan communiqué est glaçant : 1 205 cadavres de macareux moines sont dénombrés, contre seulement 3 survivants.

Cette marge infime souligne la gravité des pertes. Plus au sud, sur la Côte basque et les Landes, l’association Hegalaldia témoigne également d’une situation hors norme. Près de 300 oiseaux leur ont été confiés en quelques jours, souvent par des promeneurs interpellés par le spectacle de ces oiseaux incapables de reprendre leur envol.

Le flux de sollicitations est continu : des arrivées très fréquentes, près de 2 000 appels et des dizaines de messages reçus en quelques jours. Localement, l’impact peut sembler variable mais, sur l’ensemble de la façade atlantique, la vague d’échouages est sans précédent, mobilisant toutes les structures d’accueil et d’intervention.

Pourquoi les macareux arrivent épuisés : hypothermie et dénutrition observées sur le terrain

La fragilité des oiseaux recueillis s’explique par deux états critiques, souvent cumulés. L’hypothermie se manifeste avec des températures corporelles anormalement basses : mesurées à 35 à 37°C, au lieu de la norme de 40 à 42°C pour l’espèce.

Les tempêtes ayant déplacé les oiseaux sur le littoral, ils arrivent détrempés, incapables de réguler leur chaleur. À cela s’ajoute une dénutrition extrême, avec parfois 40 à 60 % de perte de poids.

Les oiseaux épuisés n’arrivent plus à s’alimenter ni à lutter contre les éléments. Ces constats sont faits directement sur le terrain par les équipes de bénévoles et les organismes impliqués.

Dans les centres de soins : un protocole d’urgence et une logistique sous tension

Face à l’afflux, les centres de soins, principalement animés par des bénévoles, organisent la prise en charge selon un protocole rigoureux. Les oiseaux sont d’abord placés dans des espaces chauffés à 27°C pour stabiliser leur température.

L’étape suivante consiste à les hydrater, puis à assurer une alimentation par sonde adaptée à leur état de faiblesse. Une fois un minimum de forces retrouvées, les animaux passent par une piscine de réadaptation, leur permettant de retrouver une mobilité normale avant, si possible, un relâcher en milieu naturel.

La mobilisation humaine s’étend sur de longues amplitudes horaires, de 6 heures à 23 heures, pour répondre aux urgences. À Ustaritz, trois quarts de l’encadrement est assuré par des bénévoles. La pression se fait sentir, comme en témoigne ce responsable de centre :

Consignes sur les plages : que faire si on trouve un oiseau mort ou vivant

Face à l’ampleur des échouages, des recommandations ont été diffusées localement. Lorsqu’on croise un macareux vivant, blessé ou visiblement épuisé, il est préconisé d’éviter toute manipulation directe et de signaler la présence de l’animal à une structure compétente.

En cas de découverte d’un oiseau mort, la prudence reste de mise : limiter les contacts, surtout sans équipement adapté, et suivre scrupuleusement les consignes affichées ou transmises par les autorités sur place. Une manipulation inadéquate aggrave souvent l’état des oiseaux ou complique leur prise en charge.

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FAQ - Questions fréquentes

La Tempête Nils, conjuguée à une succession d’intempéries, a entraîné vents violents, houle et fortes pluies sur le littoral atlantique. Ces conditions extrêmes ont affaibli les macareux moines, les poussant à l’épuisement et à l’hypothermie, ce qui explique les échouages massifs d’oiseaux vivants ou morts sur les plages, de la Bretagne au Pays basque.

Les centres de soins, en grande partie animés par des bénévoles, appliquent un protocole d’urgence strict : placement en zone chauffée à 27°C pour stabiliser la température, réhydratation, alimentation par sonde, puis passage en piscine de réadaptation. Cette prise en charge demande une mobilisation continue pour tenter de sauver les oiseaux les plus fragilisés par la tempête.

À Ustaritz, l’association Hegalaldia agit en première ligne : elle a accueilli près de 300 oiseaux en quelques jours, a répondu à près de 2 000 appels et doit organiser en urgence la prise en charge. Les bénévoles s’occupent du protocole de soin et gèrent une logistique sous pression, tout en lançant un appel à la solidarité pour faire face à cette crise sans précédent.

Il est recommandé d’éviter toute manipulation directe d’un macareux moine, qu’il soit vivant ou mort. Il convient de signaler immédiatement sa présence à une structure compétente en précisant la localisation et l’état de l’oiseau. Il faut également respecter les consignes affichées par les autorités locales, l’intervention inadaptée pouvant nuire à la prise en charge.

Les macareux recueillis présentent des températures corporelles très basses, entre 35 et 37°C (au lieu de 40 à 42°C), du fait d’une exposition prolongée au froid et à l’humidité après les tempêtes. Leur grande faiblesse vient aussi d’une dénutrition sévère, avec jusqu’à 60 % de perte de poids, les empêchant de se nourrir et de lutter contre les éléments.