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La Chine a planté trop d'arbres et... perd des ressources en eau

Publié par Claire Météocity , le 22 févr. 2026 à 11:59

Les grands programmes de plantation d’arbres ont transformé la Chine depuis plusieurs décennies, façonnant ses paysages et restauré des terres fragiles. Mais une analyse récente révèle que ce reboisement massif bouleverse le cycle de l’eau, amplifiant parfois les déséquilibres hydriques régionaux.

Une main tient un arbre à planter En Chine, la reforestation massive a eu des conséquences inattendues

Résumé

  • Depuis les années 1970, la Chine a accru sa couverture forestière de 10 % à plus de 25 % du territoire, soit près de 1,7 million de km² reboisés.
  • La reforestation favorise une augmentation de l’évapotranspiration, intensifiant la circulation de l’eau et réduisant la disponibilité en eau douce dans plusieurs régions, notamment à l’est et au nord-ouest.
  • Le nord concentre 20 % des ressources hydriques pour 46 % de la population et 60 % des terres cultivables

Reboisement massif et ambitions écologiques

Depuis 1978, la Chine investit dans de vastes projets de reforestation pour ériger une « Barrière verte » face à la progression du désert de Gobi et restaurer des terres menacées.

Outre la Grande Muraille verte, d’autres dispositifs comme « Grain for Green » et le programme de protection des forêts naturelles accompagnent ce mouvement. Résultat : la couverture forestière chinoise représente désormais plus d’un quart du pays, une transformation majeure entre 1949 et aujourd’hui.

Ces efforts n’ont pas seulement protégé les sols contre la dégradation. Ils ont aussi stimulé la croissance végétale à l’échelle nationale, contribuant à hauteur d’un quart à l’augmentation mondiale de la surface foliaire observée depuis le début du siècle, y compris en France.

Cycle de l’eau : redistribution et déséquilibres accrus

En modifiant la végétation à grande échelle, les programmes de reboisement ont nettement influencé la circulation de l’eau dans le pays. Entre 2001 et 2020, une évolution marquante du cycle hydrique s’est produite : on observe une nette baisse de l’eau douce disponible à l’est et au nord-ouest, qui couvrent près de 74 % des surfaces terrestres de la Chine, alors que le plateau tibétain a bénéficié, lui, d’un accroissement de ses ressources hydriques.

L’évapotranspiration, c’est-à-dire la somme de l’évaporation directe et de la transpiration des plantes, a fortement augmenté. Les arbres, grâce à leurs racines profondes, parviennent à prélever l’eau même en période de sécheresse, puis la restituent à l’atmosphère.

Cette hausse de l’évapotranspiration dépasse celle des précipitations, si bien qu’une part croissante de l’eau quitte les sols et les nappes pour rejoindre l’air sous forme de vapeur.

Conséquences pour la gestion de l’eau

La Chine connaît déjà d’importantes inégalités de répartition de l’eau : le nord ne bénéficie que d’un cinquième de la ressource nationale, alors qu’il abrite près de la moitié de la population et la majorité des terres agricoles du pays.

Le renforcement de l’évapotranspiration accentue ces déséquilibres, compliquant la gestion de l’eau potable et des usages agricoles dans les zones déjà sensibles.

Au-delà du regain d’activité du cycle de l’eau à l’échelle nationale, on constate que la disponibilité en eau recule localement là où elle était déjà fragile. Dans ces régions, la pression sur la ressource s’accroît, et les autorités doivent désormais composer avec des politiques d’aménagement dont les effets secondaires pèsent durablement sur les réserves d’eau douce.

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FAQ - Questions fréquentes

Depuis les années 1970, la Chine a lancé de grands programmes de reforestation pour contrer la désertification, restaurer des terres menacées et protéger les sols de la dégradation. Grâce à des initiatives comme la Grande Muraille verte et le programme « Grain for Green », la couverture forestière du pays est passée de 10 % à plus de 25 %, contribuant significativement à l’augmentation mondiale de la surface foliaire.

Le reboisement massif accentue l’évapotranspiration, c’est-à-dire l’évaporation de l’eau par les sols et la transpiration des plantes, ce qui intensifie la circulation de l’eau atmosphérique. Entre 2001 et 2020, cela a mené à une baisse de la disponibilité en eau douce dans certaines régions de l’est et du nord-ouest de la Chine, accentuant des déséquilibres hydriques déjà présents.

Le reboisement a aggravé les déséquilibres hydriques dans le nord du pays, où 46 % de la population et 60 % des terres cultivables ne disposent que de 20 % des ressources en eau. L’augmentation de l’évapotranspiration intensifie la perte d’eau des sols, compliquant la gestion de l’eau potable et agricole dans les zones déjà vulnérables.

Les chercheurs préconisent d’intégrer l’impact hydrique avant de lancer de nouveaux projets de reforestation et de privilégier des approches adaptées aux spécificités régionales. Il est aussi conseillé de suivre l’évolution des réserves d’eau douce et de favoriser un dialogue entre acteurs locaux, gestionnaires de l’eau et spécialistes du climat pour équilibrer initiatives écologiques et accès à l’eau.

L’évapotranspiration, amplifiée par la densité des forêts, prélève l’eau des sols et des nappes même en période de sécheresse, puis la restitue à l’atmosphère. Ce phénomène dépasse souvent le taux de précipitation local, ce qui réduit la quantité d’eau douce disponible pour les populations et l’agriculture, particulièrement dans les régions déjà fragiles.