Actualités météo | Jusqu'à 25 degrés : pourquoi fait-il aussi bon en ce moment en France ?
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Jusqu'à 25 degrés : pourquoi fait-il aussi bon en ce moment en France ?

Publié par Météocity , le 24 févr. 2026 à 16:47

La France vit un épisode de douceur remarquable pour un mois de février. Les températures dépassent largement les normales hivernales en raison d’une configuration atmosphérique déjà observée, mais devenue plus fréquente ces dernières décennies.

Une femme avec une ombrelle au soleil Les températures sont très au-dessus des normales saisonnières

Une configuration atmosphérique classique… mais de plus en plus fréquente

Cette douceur remarquable en février s’explique par la rencontre d’une dépression stationnée au large du Portugal et d’un anticyclone campé sur l’Europe centrale. Ce tandem atmosphérique canalise un flux de sud à sud-ouest qui transporte sur la France une masse d’air subtropical, parfois chargée en poussières sahariennes, après avoir traversé la péninsule Ibérique.

Le schéma est loin d’être inédit, mais il tend à se répéter davantage. Février a déjà été témoin par le passé de coups de chaleur d’ampleur : entre autres, 31,5 °C au pied des Pyrénées en 1960 et 29 °C à Biarritz la même année. Plus récemment, février 1990 a marqué les esprits avec une moyenne nationale proche de 10 °C, et un épisode de douceur qui s’est prolongé plusieurs semaines.

Les météorologues observent que ce type de configuration atmosphérique présente une robustesse étonnante. La persistance de telles structures synoptiques au cœur de l'hiver tend à bouleverser l'ordre traditionnel des saisons en France. Alors que jadis ce schéma restait marginal, il s'impose désormais avec une fréquence et une intensité accrues, ce qui soulève de nouvelles interrogations sur l'évolution du climat régional.

En outre, le transport de poussières sahariennes au sein de ces masses d'air contribue à modifier la composition de l'atmosphère, influençant à la fois la visibilité et la qualité de l'air à l'échelle du territoire. À l'observation fine des cartes météorologiques, on constate que ce courant parfois humide mais toujours doux, se traduit par des maintiens de températures bien supérieures aux moyennes observées pour cette période de l'année.

Le rôle du foehn et la dynamique régionale

Dans le Sud-Ouest, le phénomène du foehn accentue localement les températures élevées. Cet effet se produit lorsque l’air, en franchissant la barrière des Pyrénées, se réchauffe brutalement, atteignant parfois des niveaux supérieurs aux prévisions des modèles. L’ensemble du pays bénéficie alors d’une atmosphère printanière, bien éloignée des standards de la saison hivernale.

L’effet du foehn n’est cependant pas uniforme : il dépend de l’intensité du vent, de l’humidité initiale de la masse d’air et de la topographie. Les vallées situées sous le vent des Pyrénées voient ainsi leurs températures grimper de plusieurs degrés en quelques heures. Des écarts importants peuvent alors être observés par rapport aux régions restées sous influence directe du flux d’ouest, moins douces. Cet effet local se conjugue aux apports du flux large pour façonner chaque année des microclimats éphémères, mais marquants, dans les plaines et piémonts du Sud-Ouest français.

La douceur persistante s’observe aussi dans d’autres régions du pays, bien que de façon parfois plus modérée. Elle modifie la dynamique des précipitations, la répartition des nuages et même la fréquence des brouillards matinaux. De nombreuses stations, des Landes à la Garonne, voient leur amplitude thermique quotidienne rétrécir, créant un sentiment d'éternel printemps alors que l’hiver devrait encore dominer.

Conséquences de la multiplication des épisodes doux

Depuis le milieu du XXᵉ siècle, le thermomètre de février en France s’est hissé de +1,5 °C en moyenne. On note une accélération du nombre, de la précocité et de l’intensité des épisodes doux au cœur de l’hiver. Ce contexte favorise un réveil précoce de la végétation. Les plantes réagissent aux températures inhabituelles, sortant prématurément de leur dormance. Elles deviennent alors plus exposées au risque de gelées tardives, qui restent possibles jusqu’au mois d’avril dans de nombreuses régions.

Les agriculteurs et arboriculteurs se montrent particulièrement attentifs à ces décalages dans le rythme des saisons. Un bourgeonnement trop précoce peut conduire à des pertes significatives si un retour du froid s’opère brusquement. Les jardiniers amateurs constatent également des floraisons précoces ou la reprise d’activité de certains insectes dès la fin de l’hiver, mettant parfois en péril l’équilibre des écosystèmes locaux. D’un point de vue économique, le coût des épisodes de gel soudain après ces pics de douceur s’avère parfois considérable, notamment dans les régions fruitières ou viticoles.

À la faveur de cette tendance, on assiste aussi à une évolution de la perception du climat hivernal parmi la population. Les vêtements d'hiver se font plus légers, les habitudes de chauffage évoluent et la demande touristique varie, certaines stations de montagne peinant à assurer un enneigement stable. Enfin, le suivi scientifique de ces phénomènes pourrait, à terme, imposer de nouveaux outils d’anticipation pour la gestion de l’ensemble des activités sensibles à la température et à l’humidité.

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FAQ - Questions fréquentes

Les températures élevées en février résultent d'une configuration atmosphérique où un flux de sud à sud-ouest amène de l'air doux d'origine subtropicale sur le territoire. Ce schéma, impliquant une dépression au large du Portugal et un anticyclone sur l'Europe centrale, favorise la remontée d'air chaud, parfois chargé en poussières sahariennes. Cet épisode n’est pas inédit dans l’histoire climatique française mais tend à se produire de plus en plus fréquemment.

Le foehn accentue localement les températures élevées dans le Sud-Ouest. Lorsque l'air franchit la barrière des Pyrénées, il se réchauffe brutalement, provoquant des hausses de température parfois supérieures aux prévisions. Cet effet dépend du vent, de l’humidité de l’air et de la topographie, créant des écarts marqués avec d’autres régions restées sous influence directe du flux d’ouest, moins doux.

La douceur hivernale induit un réveil précoce de la végétation, exposant les plantes à un risque accru de gelées tardives, potentiellement jusqu’en avril. Agriculteurs et jardiniers observent des floraisons avancées et un retour d’activité de certains insectes, ce qui peut fragiliser l’équilibre écologique et entraîner des pertes économiques, surtout en cas de brusque retour du froid dans les vergers et cultures fruitières.

Les gelées tardives suivant des épisodes de chaleur hivernale peuvent entraîner des pertes économiques importantes, notamment dans les secteurs fruitier et viticole. Un bourgeonnement précoce accentue la vulnérabilité des cultures au froid soudain, pouvant compromettre la récolte. Cette situation nécessite une surveillance accrue et des adaptations des pratiques agricoles pour limiter les dégâts.

Il est recommandé de surveiller la reprise de la végétation, de limiter les interventions de taille ou de plantation si des gelées sont possibles, et de rester informé sur l’évolution des températures. Adapter la gestion de son jardin – paillage, voiles d’hivernage – peut s’avérer nécessaire. Il est aussi conseillé d’échanger avec des professionnels locaux pour bénéficier de conseils adaptés à son secteur.