Actualités météo | Il a plu 40 jours d’affilée en France depuis début janvier, une série record depuis 1959
Actualités météo

Il a plu 40 jours d’affilée en France depuis début janvier, une série record depuis 1959

Publié par Météocity , le 25 févr. 2026 à 10:10

Quarante jours de “jours de pluie” consécutifs sur une large partie du territoire, du 14 janvier au 22 février : la France vient de connaître un épisode météorologique historique, inédit depuis le début des mesures en 1959. Les précipitations se sont arrêtées mais les cours d’eau restent sous vigilance, avec une décrue lente et des risques d’inondation persistants dans de nombreuses régions.

Parapluies Un record de pluie a été battu depuis début 2026

Ce qu’il faut retenir : les chiffres à retenir de 40 jours de pluie ininterrompue

  • 40 jours de pluie consécutifs à l’échelle nationale, entre le 14 janvier et le 22 février, battant le précédent record de 32 jours établi en 2023.
  • Un “jour de pluie” correspond à un cumul moyen d’au moins 1 mm de précipitations sur la France entière.
  • 58 cours d’eau en vigilance dans 45 départements au pic de la crise, certaines rivières maintenues en vigilance rouge pour crue majeure.
  • Temporaire retour d’un temps sec et doux mais la crue s’annonce très lente et la vigilance reste de mise, surtout dans l’ouest et le sud-ouest.

Un record national depuis 1959 : ce que signifie “40 jours de pluie”

Depuis le 14 janvier jusqu’au 22 février, la France a connu 40 jours de pluie consécutifs. Cet indicateur, bien plus représentatif qu’un simple ressenti local, s’appuie sur la moyenne nationale : chaque journée retenue correspond à un cumul minimum de 1 mm de précipitation à l’échelle du territoire. Le précédent record de durée, établi en 2023 avec 32 jours, a été largement dépassé.

Cette série de pluie ininterrompue n’a jamais été égalée depuis le début des données modernes en 1959. Les régions les plus exposées : 

  • l’ouest
  • la pointe bretonne
  • le quart Sud-Ouest
  • le pourtour méditerranéen

Elles figurent parmi les territoires les plus affectés par cette succession de perturbations. La séquence s’est interrompue le 22 février, mettant fin à ce qui constitue désormais une référence dans l’histoire météorologique française.

Pourquoi la pluie s'est-elle enchaînée ?

Le contexte météo de cet hiver s’explique par la répétition de systèmes dépressionnaires venus de l’Atlantique, canalisés entre deux puissants anticyclones positionnés sur l’Afrique et le nord de l’Europe. Cette configuration a favorisé des flux humides constants, repoussant toute tentative d'éclaircie durable. 

Plusieurs tempêtes se sont succédé et ont marqué la période, notamment Goretti, Ingrid, Nils et Pedro.

Les fronts ont balayé les mêmes régions à répétition, sans laisser aux sols ni aux cours d’eau le temps de récupérer. Le changement climatique joue le rôle d’accélérateur, rendant ces épisodes extrêmes plus probables et plus persistants.

Des cumuls exceptionnels dans l’ouest et le sud : repères chiffrés

La quantité d’eau tombée depuis le début de l’année est inédite sur de nombreux territoires. Il est déjà tombé l’équivalent, voire davantage, d’un hiver entier de précipitations sur la pointe bretonne, une large part du sud-ouest et le pourtour méditerranéen, avec 44 jours de pluie enregistrés depuis le 1er janvier, contre 48 jours pour un hiver complet habituellement.

Certains postes de mesure illustrent l’ampleur de l’épisode : à Quimper, 588 mm observés (contre une normale de 412 mm), à Bordeaux 321 mm (pour une normale de 260 mm), à Toulouse 203 mm (normale : 139 mm). En février, les cumuls atteignent un niveau record depuis 1959 à l’échelle nationale.

Crues et inondations : pourquoi le risque reste d’actualité

Même une fois la pluie arrêtée, les conséquences hydrologiques s’étalent sur plusieurs jours, voire semaines. Avec des sols saturés d’eau en profondeur, la moindre averse continue de provoquer du ruissellement et des réactions rapides dans les bassins versants.

Au plus fort de l’événement, 58 cours d’eau restaient sous surveillance dans 45 départements. Les secteurs d’Angers (Maine-et-Loire) et de Saintes (Charente) sont restés en vigilance rouge pour inondation majeure et débordements importants.

Vigicrues avertit que la décrue sera « très lente », même avec un retour du beau temps. Nombreux sont encore les tronçons fluviaux à rester en niveau orange. Cette persistance s’explique par l’incapacité des sols à absorber plus d’eau, la lenteur de descente des niveaux et la complexité des bassins hydrographiques concernés. Un épisode pluvieux, même d’intensité modérée, pourrait suffire à relancer le risque dans les prochains jours.

-

FAQ - Questions fréquentes

La France a subi 40 jours de pluie consécutifs à cause d'un enchaînement de systèmes dépressionnaires venus de l’Atlantique, canalisés entre deux anticyclones. Cette configuration météorologique a maintenu un flux humide quasi continu, empêchant toute période durable de temps sec. Le changement climatique, en augmentant la capacité de l’atmosphère à contenir la vapeur d’eau, favorise des épisodes de précipitations longues et intenses.

Un “jour de pluie”, d’après la définition de Météo-France, correspond à une journée où la moyenne des précipitations atteint au moins 1 mm à l’échelle de la France entière. Cette approche prend en compte l’ensemble du territoire et diffère du simple ressenti local, permettant d’établir des records nationaux sur une base objective.

L’ouest, la pointe bretonne, le sud-ouest et le pourtour méditerranéen figurent parmi les régions les plus impactées par les 40 jours de pluie. Ces zones ont enregistré des cumuls d’eau exceptionnels, dépassant parfois le niveau habituel d’un hiver complet dès la mi-février. Certaines stations comme Quimper ou Bordeaux ont relevé des records de précipitations pour la période.

Le risque d’inondation demeure car les sols restent saturés en profondeur, empêchant l’absorption de nouvelles précipitations. En conséquence, le moindre épisode pluvieux provoque encore du ruissellement et des réactions rapides dans les bassins versants. De nombreux cours d’eau restent sous surveillance, et la décrue devrait être très lente, justifiant un maintien de la vigilance.

Il est essentiel d’éviter toute zone inondée et de ne jamais franchir de route submergée, à pied ou en voiture. Il faut suivre l’évolution de la vigilance sur les cours d’eau, mettre à l’abri les biens exposés et limiter les déplacements près des berges. Même après le retour du beau temps, la prudence s’impose car la décrue peut prendre du temps et le risque reste élevé.