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Février a été le mois le plus pluvieux jamais enregistré

Publié par Claire Météocity , le 05 mars 2026 à 14:06

En France, l’hiver météorologique 2025‑2026 restera dans les annales : pluies quotidiennes, tempêtes remarquées, crues majeures et températures anormalement élevées se sont conjuguées sur l’Hexagone.

De la pluie tombe dans une flaque Le mois de février 2026 a été le mois de tous les records

De nombreuses tempêtes début 2026

Dès la nuit du 8 au 9 janvier, la tempête Goretti frappe le littoral avec des rafales atteignant 160 km/h, localement 180 km/h sur les caps exposés de la Manche.

En février, deux autres tempêtes marquent la saison. Nils (11‑12 février) cloue l’Ouest au sol : 162 km/h à Biscarrosse et une trajectoire qui rappelle la tempête Klaus de 2009. Quelques jours plus tard, le 19 février, Pedro s’engouffre sur le Roussillon et la Corse, déclenchant des pics à plus de 150 km/h sur l’île de Beauté.

Les dégâts concernent prioritairement les côtes de la Manche, du Sud-Ouest, la Méditerranée orientale et la Corse.

Précipitations : février record et répartition géographique

Jamais un mois de février n’avait enregistré autant d’eau depuis le début des mesures en 1959 : excédent de +100 %, soit "deux fois la normale", selon la climatologue Christine Berne. L’excédent hivernal global s’établit à +35 %, classant la saison au 8ᵉ rang des hivers les plus arrosés.

La façade atlantique, la Bretagne, la vallée de la Garonne et jusqu’à la Méditerranée connaissent des pluies presque quotidiennes : Quimper 798 mm, Durban‑Corbières 737 mm, Montpellier 526 mm. En Bretagne, la pluie tombe plus de deux jours sur trois, créant un ruissellement quasi permanent.

Crues et vigilances : étendue, durée, conséquences

Les chiffres sont sans précédent : 49 jours de vigilance crues, dont 18 en rouge, un record depuis l’instauration du dispositif en 2006. Entre le 13 et le 20 février, jusqu’à 174 tronçons de cours d’eau sont placés en vigilance orange ou rouge, du jamais-vu sur la Garonne, la Maine, la Loire et la Charente.

Les niveaux frôlent les records historiques : la Garonne tutoie ceux de 1981, la Maine ceux de 1982, la Loire et la Charente approchent les seuils de 1994. Ces épisodes entraînent débordements, inondations localisées et ralentissement de la décrue, surtout sur les terres saturées de l’Ouest.

Températures : douceur marquée et variabilité

L’hiver 2025-2026 se hisse au 4ᵉ rang des plus doux depuis 1900, avec une anomalie de +1,7 °C sur toute la saison. Février reste exceptionnel : +3,5 °C au-dessus des normales 1991‑2020, aucun jour sous la normale et des pointes de douceur inégalées : plus de 20 °C, jusqu’à 28 °C relevés dans le Sud‑Ouest en fin de mois.

L’hiver ne connaît que peu de gelées et une brève séquence froide entre Noël et le Nouvel An. La tendance à la douceur s’affirme depuis plusieurs années, en particulier lors des hivers consécutifs anormalement chauds depuis 2019.

Ensoleillement, enneigement et sols saturés

L’ensoleillement accuse un léger repli sur l’ensemble de l’hiver (–5 %), avec un déficit marqué en février (≈ –20 %), en raison du passage répété de systèmes perturbés. Seul le mois de décembre enregistre une anomalie positive (+10 %).

La neige tombe généreusement sur la plupart des massifs mais la saturation extrême des sols rend l’infiltration difficile et retarde l’assèchement printanier. Cette situation, loin de garantir la disponibilité d’eau estivale, laisse planer l’incertitude. Selon les projections TRACC, dans un scénario France à +4 °C, la hausse moyenne des précipitations hivernales pourrait atteindre +15 %.

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