Salvador de Bahia : laissez-vous surprendre par le berceau afro du Brésil
Atmosphère vibrante, rythmes ensorcelants, saveurs inédites : bienvenue à Salvador de Bahia, là où l’âme du Brésil explose de mille couleurs et où les traditions vivent à chaque coin de rue.
Salvador de Bahia : aux origines d'un métissage flamboyant
Fondée en 1549, Salvador de Bahia trône sur la côte du Nordeste comme une légende vivante : première capitale du Brésil, elle a vu débarquer des millions d’Africains, déportés de l’Angola, du Nigéria ou du Bénin. C’est cette histoire douloureuse qui a façonné l’âme si singulière de la ville, où près de 80 % des habitants revendiquent des racines africaines.
L’esclavage, aboli seulement en 1888, a laissé des traces indélébiles—et surtout une formidable mosaïque de cultures. À Salvador, les influences africaines s’expriment avec panache, des rites religieux aux quartiers populaires en passant par la gastronomie et la musique.
Capoeira : la danse de la liberté
Ici, la capoeira n’est pas un simple numéro de rue. Créée par les esclaves pour tromper la vigilance de leurs maîtres, cet art martial spectaculaire s’est longtemps pratiqué dans la clandestinité. "En faisant semblant de danser, ils enseignaient les mouvements de cet art martial. Et pour mieux le dissimuler, ils utilisaient des instruments de musique", explique João, guide local.
La capoeira a obtenu une reconnaissance officielle à partir des premières académies dès 1932 (Mestre Bimba pour la capoeira régionale) puis 1941 (Mestre Pastinha pour la capoeira Angola), avant de rejoindre le patrimoine immatériel de l’Unesco en 2014. Assister à une roda de capoeira, c’est partager une boucle d’énergie : on y entend le berimbau, le pandeiro, l’atabaque, et surtout, les voix qui rythment les mouvements.
Candomblé et syncrétisme : spiritualité en technicolor
À Salvador, la religion est un tableau vivant. Si le catholicisme reste omniprésent—on compte plus de 380 églises dans la ville—, l’esprit africain palpite dans les 2 000 terreiros, les temples du candomblé. Ce culte venu du Nigéria, très ancré dans la vie quotidienne, a longtemps été interdit officiellement. Ce n’est qu’en 1946 que son existence a été tolérée.
La cohabitation de ces deux mondes génère des fêtes hautes en couleur. L’une des plus émouvantes : la Lavagem do Bonfim, où chaque début d’année, de grandes prêtresses en blanc lavent symboliquement les marches de la basilique du Bonfim. "Autrefois, les esclaves devaient laver la basilique... En réalité, ils s’adonnaient là, de façon camouflée, à des actes religieux candomblé" confie João. Tradition catholique et influences africaines se mêlent : les fameux bracelets de Bonfim, noués avec trois vœux, arborent les couleurs des divinités du candomblé.
Iemanjá : la reine de la mer
Le 2 février, Salvador place la mer au centre de ses cultes avec la fête de Iemanjá, déesse-mère d’origine yoruba. Direction la plage de Rio Vermelho pour assister au ballet des paniers fleuris, offrandes et vœux déposés dans l’océan. Initiée dans les années 1950 par les pêcheurs du quartier, cette célébration métisse désormais religions africaine et catholicisme dans un décor de rêve.
- Offrandes de fleurs mêlées de parfums et bijoux
- Pèlerinage à la casa de Yemanjá
- Rituel du salut axé, porteur d’énergie positive
La passion de la musique : au rythme du samba-reggae et de l’axé
À Salvador, la musique pulse à chaque coin de rue. Nous vous emmenons au Pelourinho, le centre historique partiellement réhabilité, autrefois haut lieu de la prostitution. Aujourd’hui, la capoeira et les artistes l’illuminent chaque jour.
Le groupe Olodum, ambassadeur du samba-reggae, fait vibrer les rues avec ses percussions monumentales. Il a rayonné bien au-delà des frontières : on l’entend sur le clip "They Don’t Care About Us" de Michael Jackson, ou sur l’album de Paul Simon. Autre esprit innovant : Carlinhos Brown a profondément transformé la favela de Candeal (issue d’un ancien quilombo) grâce à l’association Pracatum. Eau courante, réseau d’égouts, hôpital : ces avancées concrètes se découvrent au fil de l’escalier principal coloré (2022). L’école de percussions, fondée par le musicien, attire chaque semaine toute la ville dans une ambiance de fête permanente.
La musique axé, née autour du groupe Timbalada dans les années 1990, prolonge cette vitalité. Les favelas, qui couvrent 60 % du territoire et regroupent un tiers de la population, deviennent des laboratoires artistiques où la créativité repousse toutes les frontières.
Déguster Salvador : saveurs et couleurs sur le pouce
Impossible pour nous de passer à côté de la gastronomie bahianaise, fusion irrésistible entre traditions africaines et produits tropicaux. Coup de cœur : l’acarajé, beignet de pâte de haricots, garni de crevettes, frit dans l’huile de palme.
- Vendu par les Baianas do acarajé en costume traditionnel
- Le quartier de Rio Vermelho est réputé pour abriter les meilleures adresses
- Marché São Joachim : pour dénicher épices, fruits et décoctions typiques
Une découverte vivante : musées, quartiers et astuces pratiques
Pour plonger plus loin dans cette histoire métissée, nous vous conseillons le musée national de la Culture afro-brésilienne (MUCANB). Ce lieu permet de mieux comprendre le lien intime entre musique, cuisine, sport, rites et histoire afro à Salvador.
- Flânez dans le Pelourinho pour admirer les façades pastel et pousser la porte de ses ateliers
- Rejoignez un atelier de capoeira ou de percussion pour ressentir l’énergie de la ville
- Ne manquez pas le lac Dique do Tororó, orné de sculptures géantes en hommage aux orixás (divinités africaines)
Bonne nouvelle pour les voyageurs : un vol direct relie Paris à Salvador en 10 heures (Air France). Pour préparer votre séjour, le guide Routard Brésil ainsi que les sites officiels du tourisme au Brésil et à Salvador regorgent de conseils d’hébergement, d’excursions et de bons plans pour explorer la ville en toute sérénité.
FAQ - Questions fréquentes
Salvador de Bahia est réputée pour son métissage en raison de son histoire : fondée en 1549, elle fut première capitale du Brésil et a accueilli des millions d’Africains déportés d’Angola, du Nigéria et du Bénin. L’esclavage, aboli en 1888, a façonné une mosaïque culturelle visible aujourd’hui dans la musique, la gastronomie, les rites religieux et les quartiers populaires, où près de 80 % des habitants revendiquent des racines africaines.
La capoeira s’est développée à Salvador comme un art martial déguisé en danse, créé par les esclaves pour tromper la vigilance de leurs maîtres et enseigné en secret avec musique. Elle a obtenu une reconnaissance officielle par les premières académies dès 1932 et 1941, puis a rejoint le patrimoine immatériel de l’Unesco en 2014 ; aujourd’hui, assister à une roda permet d’entendre berimbau, pandeiro et atabaque qui rythment les mouvements.
Le candomblé joue un rôle central à Salvador : présent dans environ 2 000 terreiros, ce culte d’origine nigériane coexiste avec le catholicisme, omniprésent avec plus de 380 églises. Longtemps interdit, il fut toléré à partir de 1946, et se manifeste dans des fêtes mêlant traditions, comme la Lavagem do Bonfim, où pratiques catholiques et rituels africains se conjuguent, par exemple via les bracelets de Bonfim associés aux divinités du candomblé.
La fête de Iemanjá, célébrée le 2 février à Salvador, met la mer au centre des cultes : sur la plage de Rio Vermelho, on dépose paniers fleuris, offrandes et vœux dans l’océan. Initiée dans les années 1950 par les pêcheurs, cette célébration métisse religions africaine et catholicisme et inclut le pèlerinage à la casa de Yemanjá ainsi que le rituel du salut axé, porteur d’énergie positive.
La musique et la gastronomie sont des portes d’entrée essentiels pour découvrir Salvador : groupes comme Olodum et artistes comme Carlinhos Brown dynamisent le samba-reggae et l’axé, tandis que les favelas et écoles de percussions animent la vie quotidienne. Côté saveurs, la gastronomie bahianaise, notamment l’acarajé vendu par les Baianas do acarajé à Rio Vermelho, illustre la fusion entre traditions africaines et produits tropicaux.
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