Incendies 2026 : vers une saison à très haut risque en France et dans le monde
Les incendies de forêts atteignent des niveaux inédits depuis le début de l’année 2026. Les modèles climatiques convergent : la France et de nombreuses régions du globe s’apprêtent à affronter une période critique, sous l’effet conjugué du changement climatique et d’un phénomène El Niño puissant.
Résumé
- 163 millions d’hectares de forêts ont déjà brûlé mondialement au 6 mai 2026, soit 50 % de plus que la moyenne 2012-2025.
- L’année s’annonce « particulièrement grave » pour les incendies, aggravée par le réchauffement climatique et l’arrivée probable d’El Niño entre mai et juillet 2026.
- La France alterne entre périodes exceptionnellement sèches et fraîches, rendant la végétation très vulnérable à un éventuel pic de chaleur à partir du 20 mai.
- Surveillance accrue et prévention indispensables : le risque d’incendies extrêmes grimpe, des actions ciblées sont lancées sur le terrain, notamment au Portugal.
Des incendies en forte hausse dès le début 2026
Depuis janvier 2026, la dynamique mondiale des incendies de forêts affiche des chiffres sans précédent. Le système d’information mondial sur les incendies (GWIS) recense 163 millions d’hectares dévastés à la date du 6 mai. Cette surface excède de moitié la moyenne sur la même période entre 2012 et 2025, établie à 110 millions d’hectares. L’ampleur de la saison actuelle surpasse déjà le précédent record depuis 2012, avec une hausse de 20 %.
Plusieurs foyers majeurs se multiplient : l’Ouest africain et le Sahel enregistrent des feux de savane à des niveaux records, alors que l’Australie, la région amazonienne et le nord-ouest du continent nord-américain restent sous surveillance renforcée.
Les chercheurs observent un effet « coup de fouet » : d’abord, de fortes pluies stimulent la pousse de la végétation, avant que la sécheresse ne l’assèche, rendant le couvert forestier particulièrement inflammable.
El Niño et réchauffement climatique, catalyseurs du risque
Le risque d’incendies extrêmes se renforce à l’horizon 2026 sous l’effet simultané du changement climatique d’origine humaine et du retour annoncé d’El Niño. Ce phénomène climatique naturel se traduit par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial, provoquant des bouleversements marqués sur la météo mondiale : pics de chaleur, sécheresses, et vents modifiés.
Selon les dernières analyses présentées le 12 mai, la probabilité d’un El Niño entre mai et juillet devient de plus en plus probable. Les experts redoutent une escalade des extrêmes : allongement des saisons sèches, élévation des températures, et multiplication des zones à risque sur tous les continents.
Théodore Keeping : « La probabilité d’incendies extrêmes et dangereux pourrait potentiellement être la plus élevée de l’histoire récente si un El Niño puissant se développe ».
France : une situation tendue à la veille de l’été
Sur le territoire français, la situation météorologique se caractérise par de brusques contrastes. Après un début avril sec et doux, le début mai s’est distingué par de l’humidité et une relative fraîcheur. Cette alternance favorise une végétation en forte croissance, qui risque de devenir particulièrement vulnérable en cas de chaleur soudaine.
Des départs de feux ont déjà été enregistrés en avril dans plusieurs secteurs : Sarthe, Savoie, Lozère et Morvan. Si les températures repartent à la hausse et l’humidité baisse dès la fin mai, le couvert végétal – densément poussé grâce aux pluies printanières – pourrait rapidement devenir un foyer à risques. Les modèles privilégient ce scénario à partir du 20 mai.
Mise en œuvre des mesures préventives et enjeux pour l’été 2026
Face à ce contexte de risque élevé, la prévention s’organise sur le terrain. Au Portugal, des opérations ciblées de débroussaillage et de sécurisation des accès forestiers sont déjà en cours. Tronçonneuses et pelleteuses dégagent les chemins obstrués par les arbres arrachés cet hiver, réduisant ainsi les possibilités de propagation des flammes.
En France, la vigilance reste de mise dans les semaines à venir. Les acteurs mobilisent leur expertise pour anticiper les périodes à fort danger et renforcer la surveillance lors des épisodes chauds et secs. Les services restent en alerte, prêts à agir pour limiter l’impact de feux potentiellement dévastateurs cet été.
Conseils pratiques et points à retenir
- Débroussailler les abords de sa propriété si on réside en zone exposée (forêts, maquis, garrigues).
- Éviter tout foyer en extérieur : barbecue, brûlages de déchets ou feux d’artifice sont à proscrire par temps sec.
- Rester attentif aux consignes des autorités et aux alertes météo à l’approche des pics de chaleur.
- Limiter les déplacements en zones boisées lors des épisodes à risque et signaler immédiatement toute fumée suspecte.
- Prévoir des solutions d’évacuation pour les personnes fragiles dans les secteurs régulièrement menacés.
- Laisser les accès libres aux véhicules de secours et éviter d’encombrer les chemins d’intervention.
FAQ - Questions fréquentes
L'année 2026 est marquée par une hausse exceptionnelle des incendies de forêts, avec 163 millions d'hectares brûlés à début mai, soit 50 % de plus que la moyenne 2012-2025. Ce contexte s'explique par la combinaison du réchauffement climatique et du retour imminent d'El Niño, amplifiant les risques de sécheresse, chaleur et feux extrêmes à l'échelle mondiale.
El Niño, caractérisé par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial, impacte la météo mondiale en provoquant des pics de chaleur, sécheresses et vents modifiés. En 2026, sa probabilité de survenue entre mai et juillet accroît le risque d'incendies extrêmes en allongeant les saisons sèches et en augmentant la vulnérabilité des écosystèmes à travers plusieurs continents.
En France, l'alternance entre périodes sèches et fraîches a favorisé la croissance végétale, rendant les forêts vulnérables à un pic de chaleur attendu à partir du 20 mai. Plusieurs départs de feux ont déjà été signalés en avril dans des régions comme la Sarthe et la Lozère. La vigilance est renforcée pour anticiper et limiter l'impact de ces risques avant et pendant l'été.
Face aux risques accrus, des opérations de débroussaillage et de sécurisation des accès forestiers sont menées, notamment au Portugal où chemins obstrués sont dégagés. En France, les services renforcent la surveillance et prévoient d'intervenir rapidement lors d'épisodes chauds et secs, mobilisant expertise et vigilance pour maîtriser la propagation des incendies.
Il est conseillé de débroussailler sa propriété, d'éviter tout feu extérieur comme barbecues ou feux d'artifice en période sèche, de suivre les consignes des autorités et alertes météo, de limiter les déplacements en zone boisée lors des pics de chaleur, de signaler toute fumée suspecte, de prévoir des plans d’évacuation pour les personnes fragiles, et de maintenir les accès libres pour les secours.