Il y a trois cyclones en ce moment dans le Pacifique à cause d'El Niño
Des cyclones majeurs balaient actuellement le Pacifique, poussés par un El Niño d’une intensité exceptionnelle. Un phénomène qui bouleverse les équilibres climatiques et pose des risques concrets pour les îles et les côtes de la région.
À retenir
- Trois cyclones simultanés dans le Pacifique : Lowell (cat.5), Karina (cat.4) et la tempête Marie.
- El Niño 2026 alimente ces tempêtes via eaux chaudes ; pic attendu en novembre.
- Même au large, ces systèmes génèrent houles, vents et pluies menaçant Hawaï et côtes mexicaines.
Événement rare : trois tempêtes en même temps sur le Pacifique
On assiste à une configuration météorologique d’une extrême rareté : deux ouragans, Lowell (catégorie 5 depuis le 2 septembre) et Karina (catégorie 4), évoluent simultanément sur le Pacifique, suivis de près par la tempête tropicale Marie qui gagne en puissance à seulement quelques centaines de kilomètres des côtes mexicaines. Cette séquence n’a été observée qu’à quelques reprises durant des épisodes d’El Niño marqués, la dernière fois en 2015 avec l’enchaînement de quatre cyclones.
Le Centre national des ouragans (NHC) a indiqué que “les houles générées par Lowell se propagent vers le nord et toucheront certaines parties des îles hawaïennes au cours des prochains jours”.
Malgré des trajectoires prévues loin des côtes, ces systèmes amènent un risque réel de vents violents et d’intempéries, particulièrement sur l’archipel hawaïen déjà fragilisé à la mi-août par le passage de l’ouragan Lala, qui avait provoqué des inondations notables.
El Niño 2026, moteur du phénomène
L’ensemble de ces tempêtes trouve sa cause principale dans l’épisode El Niño en cours. Cette anomalie climatique, qui survient tous les deux à sept ans, se déclenche quand les alizés d’est faiblissent. Ce relâchement permet à de vastes volumes d’eau chaude de remonter à la surface de l’océan dans le centre et l’est du Pacifique.
D’après l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), l’épisode El Niño 2026 a 69 % de chances de devenir le plus intense jamais enregistré. Le pic est attendu pour novembre, mais ses effets se font déjà sentir sur toute la zone Pacifique.
Risque côtier et conséquences pour Hawaï, le Mexique et ailleurs
Ces cyclones et tempêtes restent pour l’instant en majorité au large, toutefois les îles et rivages du Pacifique n’échappent pas à leur influence :
- Hawaï : menacé par les houles et la pluie associées à Lowell et Karina, l’archipel reste fragile après les inondations du passage de Lala en août.
- Côtes mexicaines : la tempête Marie, qui pourrait rapidement évoluer en ouragan, circule à quelques centaines de kilomètres et génère également des conditions de mer dangereuses.
La succession de ces phénomènes implique pour les habitants de la région une vigilance accrue dans les jours à venir. Même en évoluant loin des terres, ces cyclones imposent des houles puissantes, des vents forts et des précipitations intenses sur les zones côtières.
Les modèles météorologiques évoquent la possibilité de voir ces systèmes conserver une trajectoire maritime, mais la prudence reste de mise pour l’ensemble du bassin Pacifique.
Impacts globaux d’El Niño et amplificateur climatique
El Niño ne se limite pas à des impacts régionaux. Ce phénomène perturbe l’équilibre atmosphérique mondial : il provoque des épisodes plus secs et chauds sur certaines zones, et plus frais, plus humides ailleurs. Depuis une vingtaine d’années, la planète se réchauffe, ce qui amplifie la puissance de chaque épisode d’El Niño.
Côté scientifique, les chercheurs s’accordent pour dire que le changement climatique amplifie les effets d’El Niño. En revanche, il n’existe pas de consensus clair sur le fait que le changement climatique renforce El Niño lui-même, même si certaines preuves récentes vont dans ce sens.
Un nouveau visage pour l’activité tropicale dans le Pacifique ?
L’année 2026 illustre la force croissante des phénomènes climatiques dans un contexte d’océan Pacifique réchauffé. L’enchaînement simultané de trois systèmes cycloniques majeurs n’est plus une simple curiosité météorologique, c’est le signe tangible d’un décalage vers des épisodes extrêmes.
Sur le terrain, la prévoyance et les dispositifs d’alerte deviennent cruciaux pour anticiper les risques, surtout avec un El Niño dont les pleins effets sont attendus dans les mois à venir.
Source : NOAA, NHC
FAQ - Questions fréquentes
Ces tempêtes trouvent leur cause principale dans l’épisode El Niño 2026, qui affaiblit les alizés d’est et permet à de vastes volumes d’eau chaude de remonter à la surface du centre et de l’est du Pacifique, créant des conditions propices à la formation et à l’intensification de cyclones alimentés par des eaux chaudes.
Même en restant majoritairement au large, les systèmes génèrent des houles puissantes, des vents forts et des précipitations intenses qui menacent les zones côtières : Hawaï subit des houles et des pluies supplémentaires après Lala, tandis que la tempête Marie, proche des côtes mexicaines, crée des conditions de mer dangereuses et un risque d’intensification.
L’épisode El Niño 2026 réchauffe les eaux de surface dans le Pacifique et, selon la NOAA, a 69 % de chances de devenir le plus intense jamais enregistré, ce qui favorise la formation de tempêtes alimentées par ces eaux chaudes et explique la séquence exceptionnelle de cyclones observée.
Le réchauffement planétaire des vingt dernières années amplifie la puissance des épisodes d’El Niño en augmentant l’énergie disponible pour les tempêtes ; les chercheurs conviennent que le changement climatique renforce les effets d’El Niño, même si le lien direct sur la fréquence ou l’intensité intrinsèque d’El Niño lui‑même reste débattu.
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