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La NASA a dévié la trajectoire d’un astéroïde : quel impact ?

Publié par Météocity Prévisions , le 10 mars 2026 à 19:00

En 2022, la mission DART de la NASA a frappé Dimorphos, modifiant certes son orbite locale mais également, de façon mesurable, la trajectoire solaire du couple Didymos–Dimorphos. Selon une étude publiée le 6 mars 2026, ce résultat souligne la capacité humaine à altérer le mouvement d’un corps céleste, sans générer de risque nouveau pour la Terre.

Un astéroïde

Une mission test pour dévier un astéroïde

Lancée dans le cadre d’un programme de défense planétaire engagé dès les années 1990, la mission DART (Double Asteroid Redirection Test) visait à vérifier si l’on pouvait réellement modifier la trajectoire d’un astéroïde en cas de menace pour la Terre. Le 26 septembre 2022, cette sonde de 610 kg s’est écrasée sur Dimorphos à une vitesse de ~22 500 km/h.

Dimorphos, avec ses 160–170 m de diamètre, décrit une orbite autour de Didymos (entre 777 et 805 m de diamètre), son compagnon, nettement plus massif (≈200× la masse). Le rapport de masse entre les deux astéroïdes est impressionnant : Didymos pèse environ 200 fois plus.

L’objectif de la NASA : réduire l’orbite de Dimorphos autour de Didymos de 73 secondes. Les mesures ont révélé une modification de 33 minutes, un résultat bien supérieur à la cible initiale, en partie grâce à l’éjection massive de débris expulsés lors de l’impact.

Le deuxième astéroïde dévié par accident : Didymos

Si la mission DART visait explicitement Dimorphos, l’impact a montré qu’agir sur un corps d’un système binaire peut entraîner des conséquences collectives. 

Didymos, l’astéroïde principal autour duquel orbite Dimorphos, a ainsi lui aussi subi une modification de trajectoire, bien que la cible première n’était que sa petite lune. Ce phénomène s’explique par la dynamique du système binaire : en frappant un composant, on modifie le centre de masse commun et, donc, la trajectoire orbitale de l’ensemble autour du Soleil.

La déviation involontaire de Didymos est un fait inédit : jamais encore un astéroïde « non visé » n’avait été deviné à la suite d’une action humaine sur un autre objet. L’analyse fine des mesures a permis de constater que la période de révolution solaire du système Didymos–Dimorphos a été raccourcie d’environ 0,15 seconde. Même si le changement paraît infime, il s’agit d’une preuve concrète que la mécanique d’un système double rend toute action sur l’un potentiellement influente sur l’autre, phénomène baptisé ici « déviation collatérale ».

Ce que cela change pour la défense planétaire

L’intérêt de l’expérience dépasse la réussite technique. Cette déviation minime, mais quantifiable, démontre que l’on peut réellement altérer la course d’un système binaire par simple impact cinétique.

Mais la structure interne de la cible fait toute la différence. Dimorphos, peu dense, a produit abondamment des débris lors du choc, transférant plus de mouvement au système. Pour un astéroïde plus massif et compact, comme Didymos, une seule collision ne suffirait probablement pas : il faudrait recourir à plusieurs intercepteurs, voire à une charge explosive.

Les simulations et observations rassurent toutefois sur le risque : aucune probabilité que Didymos ou Dimorphos ne soit placé sur une trajectoire de collision avec notre planète. 

L’arrivée de la mission européenne Hera, attendue fin 2026, permettra d’évaluer plus finement la masse réelle de Dimorphos et la géométrie précise des fragments expulsés. Ces données sont indispensables pour calibrer d’autres stratégies de défense contre des astéroïdes réellement menaçants.

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FAQ - Questions fréquentes

La mission DART a impacté la lune Dimorphos, modifiant son orbite locale et ainsi la trajectoire solaire du couple Didymos–Dimorphos. L'impact a provoqué l'éjection massive de débris, transférant de la quantité de mouvement au système et altérant son centre de masse, ce qui a entraîné une modification mesurable de leur révolution autour du Soleil.

Les chercheurs ont utilisé entre 22 et 24 occultations stellaires, observant les passages de Didymos et Dimorphos devant des étoiles, pour établir précisément leur position et mouvement. Ces données, croisées avec des observations terrestres sur plusieurs années, ont permis de quantifier une diminution de la période orbitale héliocentrique d'environ 0,15 seconde.

La modification de trajectoire reste extrêmement minime et ne représente aucun danger pour la Terre. Les scientifiques confirment qu'il n'existe aucune probabilité que Didymos ou Dimorphos soit dévié vers une collision avec notre planète à la suite de cet impact.

La mission européenne Hera, attendue fin 2026, visera à analyser plus en détail la masse réelle de Dimorphos et la géométrie des débris expulsés lors de l'impact de DART. Ces informations permettront de mieux calibrer d'autres stratégies de défense planétaire contre des astéroïdes potentiellement menaçants.

Dimorphos étant peu dense, l'impact de DART a généré une grande quantité de débris, ce qui a amplifié le transfert de mouvement au système. Ce phénomène explique en partie le raccourcissement important de son orbite. Pour des astéroïdes plus compacts comme Didymos, une seule collision ne suffirait probablement pas à modifier significativement leur trajectoire.