Actualités météo | Réchauffement climatique : 0,27°C par décennie, un rythme inédit
Actualités météo

Réchauffement climatique : 0,27°C par décennie, un rythme inédit

Publié par Claire Météocity , le 11 juin 2026 à 10:00

Le réchauffement de la planète a atteint un rythme record de 0,27°C par décennie à cause des activités humaines, selon le rapport IGCC établi par un vaste consortium scientifique et publié le 11 juin 2026.

Photos gratuites de à distance, arctique, aride © Clayton Leite

Changement climatique : une accélération mesurée

Le rapport "Indicators of Global Climate Change" (IGCC), sorti le 11 juin 2026 dans la revue Earth System Science Data, actualise les principaux indicateurs du climat mondial. Regroupant plus de 70 chercheurs, cette étude met en lumière une progression sans précédent du réchauffement climatique.

Entre 2016 et 2025, la température moyenne mondiale a grimpé de 0,27°C par décennie. Cette valeur est qualifiée d’inédite depuis l’ère industrielle, marquant une nette accélération par rapport aux précédents rapports du Giec, organisme de référence sur le climat.

Le diagnostic pointe la responsabilité directe des activités humaines, qui expliquent quasiment tout le surplus de chaleur mesuré ces dernières années, d’après les calculs rapportés par Copernicus et Météo-France.

Records de température et seuils clés franchis

Face à ces tendances, plusieurs records sont tombés. Les années 2023, 2024 et 2025 figurent toutes parmi les plus chaudes jamais observées au niveau mondial. Le réchauffement global atteint désormais +1,24°C sur la période 2016-2025 par rapport à 1850-1900, contre +1,07°C dans la décennie 2010-2019.

Surtout, 2024 est devenue la première année où la température moyenne annuelle mondiale a dépassé le seuil de +1,5°C, fixé comme limite de sécurité par l’Accord de Paris en 2015. Si la trajectoire actuelle se poursuit, ce seuil pourrait être franchi durablement d’ici 2030.

En 2025, le réchauffement global mesuré atteint 1,39°C, dont 1,37°C sont attribués aux émissions humaines, selon l’IGCC.

Gaz à effet de serre et forçage humain

Le rapport souligne un nouveau record dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre : 56,8 milliards de tonnes équivalent CO₂ rejetées en 2024. L’estimation annuelle actuelle s’établit à 54,6 GtCO₂eq (gigatonnes équivalent CO₂), une progression par rapport à la moyenne de 53,5 GtCO₂eq relevée par le précédent rapport du Giec.

Cette accumulation de gaz à effet de serre provoque un « forçage radiatif », c’est-à-dire un déséquilibre énergétique qui piège davantage la chaleur à la surface du globe. Ce mécanisme scientifique explique pourquoi la quasi-totalité du réchauffement observé ces dix dernières années découle des activités humaines (industrie, production d’énergie, transports, agriculture intensive…).

Conséquences concrètes sur terre et en mer

Le réchauffement ne s’arrête pas aux bilans de température. Il s’illustre aussi par l’aggravation des extrêmes météo et l’accélération des impacts sur les systèmes naturels et humains.

Vagues de chaleur marine : une augmentation marquante

Sur la décennie 2016-2025, on comptabilise en moyenne 58 jours de vagues de chaleur marine par an, contre 36 lors de la décennie précédente (2007-2016). Ces événements, qui consistent en une élévation anormale de la température de surface de la mer sur plusieurs jours, perturbent la faune et la flore marines, ainsi que les ressources halieutiques dont dépend la pêche.

Élévation accélérée du niveau de la mer

Le niveau moyen des océans se trouve désormais à 229,6 mm (environ 23 cm) au-dessus de celui du début du XXe siècle. Le rythme annuel de hausse s’établit actuellement à 1,85 mm/an, en progression par rapport aux périodes antérieures (1,73 mm/an d’après les anciens bilans). Ce phénomène, documenté par Copernicus, menace la stabilité des littoraux, favorise l’érosion et accentue les risques de submersion.

Résumé / À retenir

  • La Terre se réchauffe au rythme inégalé de 0,27°C par décennie (2016-2025).
  • Le seuil de +1,5°C (Accord de Paris) a été dépassé pour la première fois sur une année en 2024.
  • Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un niveau record de 56,8 milliards de tonnes équivalent CO₂ en 2024.
  • L’accélération des vagues de chaleur marine et de la hausse du niveau de la mer met en danger les milieux naturels et les sociétés côtières.

Source : Copernicus, Météo-France

-

FAQ - Questions fréquentes

Le réchauffement climatique a atteint un rythme record de 0,27°C par décennie entre 2016 et 2025 principalement à cause des activités humaines, comme l'industrie, la production d'énergie, les transports et l'agriculture intensive. Ce surplus de chaleur est étayé par le rapport IGCC et par des données scientifiques officielles de Copernicus et Météo-France.

Les années 2023, 2024 et 2025 figurent parmi les plus chaudes jamais observées, avec un réchauffement global de +1,24°C en moyenne sur 2016-2025 par rapport à la période 1850-1900. En 2024, la température a dépassé pour la première fois le seuil critique de +1,5°C fixé par l'Accord de Paris, ce qui pourrait devenir permanent d'ici 2030 si la tendance se maintient.

En 2024, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un nouveau record historique avec 56,8 milliards de tonnes équivalent CO₂ rejetées. Cette augmentation contribue à un forçage radiatif qui piège davantage la chaleur à la surface de la Terre et est la cause principale du réchauffement observé depuis dix ans.

L'accélération du réchauffement se traduit par une augmentation des vagues de chaleur marine, avec 58 jours en moyenne par an entre 2016 et 2025 contre 36 auparavant, perturbant les écosystèmes marins et la pêche. De plus, le niveau moyen des océans a monté de 23 cm depuis le début du XXe siècle, avec un rythme annuel accéléré à 1,85 mm, menaçant les littoraux et favorisant l'érosion et les submersions.