Actualités météo | Le niveau de la mer est plus haut que prévu : des millions de personnes supplémentaires exposées
Actualités météo

Le niveau de la mer est plus haut que prévu : des millions de personnes supplémentaires exposées

Publié par Claire Météocity , le 07 mars 2026 à 11:59

Une étude scientifique publiée le 4 mars 2026 révèle un « angle mort » dans la mesure du niveau de la mer, qui fausse la perception du risque d’inondation côtière. Cette faille pourrait exposer jusqu’à 132 millions de personnes supplémentaires aux inondations extrêmes d’ici la fin du siècle et augmenter de 37 % les terres menacées si la mer s’élève d’un mètre.

Un glacier en train de fondre

Résumé

  • Nouvelle méthode d’évaluation révélant un écart de ~0,3 mètre dans 90 % des études analysées : la plupart des modèles sous-estiment la hauteur des eaux côtières.
  • Zones les plus exposées : Asie du Sud-Est, Indo-Pacifique, petites îles et littoraux vulnérables.
  • Conséquences substantielles si la mer monte d’un mètre : jusqu’à 37 % de terres inondées en plus, 77 à 132 millions de personnes supplémentaires menacées.
  • Impact direct sur les plans d’adaptation, la sécurité alimentaire et les infrastructures côtières.

Méthode : l’« angle mort méthodologique »

De nombreuses évaluations du risque côtier reposent sur des modèles qui déterminent le « zéro » des altitudes à partir du géoïde, une surface théorique représentant un niveau moyen de la mer idéalisé. Or, ce point de référence varie localement, sous l’effet des marées et des spécificités régionales.

Selon l’étude parue dans la revue Nature le 4 mars 2026, cet « angle mort méthodologique » consiste à ignorer ce décalage, ce qui aboutit à une sous-estimation systématique du risque.

Ben Strauss, de Climate Central, analyse : « Pour savoir de combien un morceau de terre se trouve au-dessus de l'eau, il faut connaître l'altitude de la terre et celle de l'eau. Or ce que montre cet article, c'est que la grande majorité des études se sont contentées de supposer que le zéro de votre jeu de données topographiques correspondait au niveau de la mer. Alors qu'en réalité, ce n'est pas le cas. »

L’équipe de chercheurs a passé en revue 385 études scientifiques, confrontant leurs références à des données satellitaires précises.

Qui est le plus exposé ? Cartographie des risques

L’écart moyen détecté entre le niveau de la mer utilisé dans les études et la réalité côtière atteint 0,3 mètre à l’échelle mondiale.

Dans certaines régions comme l’Asie du Sud-Est et l’Indo-Pacifique, il grimpe jusqu’à 1 à 1,5 mètre et parfois 7,6 mètres selon les localités. Cet écart amplifie la vulnérabilité des populations du littoral, notamment dans des zones où l’élévation du sol est très faible. Les côtes atlantiques et européennes présentent des marges d’erreur plus modestes.

Selon les scénarios avancés par l'étude, une hausse du niveau marin d’un peu plus d’un mètre à l’horizon 2100 pourrait submerger 37 % de terres supplémentaires et menacer entre 77 et 132 millions de personnes, bien au-delà des estimations antérieures. Le cas de l’archipel de Tuvalu illustre le risque de disparition totale de certains territoires d’ici la fin du siècle.

Conséquences pour la planification et l’adaptation

Cette découverte remet en cause la gestion du risque d'inondation côtière et la planification territoriale. Les projections sous-estiment la

Certaines voix scientifiques appellent à la nuance. « Le problème est bien connu, même s’il pourrait être traité plus rigoureusement », rappelle Gonéri Le Cozannet du BRGM. Les impacts économiques restent majeurs : ces écarts méthodologiques impliquent des coûts potentiels importants pour les États insulaires et les métropoles exposées.

Impacts déjà visibles : exemples et paroles du terrain

Les conséquences sont déjà tangibles dans certaines régions. À Vanuatu, des plages s’effacent, les arbres s’arrachent, des maisons se retrouvent à moins d’un mètre de l’océan à marée haute, et routes ou tombes sont endommagées. Les habitants vivent cette menace au quotidien.

-

FAQ - Questions fréquentes

L'« angle mort méthodologique » désigne une faille dans les modèles qui mesurent le risque côtier en supposant que le zéro des altitudes correspond au niveau moyen de la mer, alors que ce point de référence varie localement à cause des marées et des spécificités régionales. Ignorer ce décalage entraîne une sous-estimation systématique du niveau réel de la mer, faussant ainsi la perception du risque d'inondations.

L'étude identifie l'Asie du Sud-Est, l'Indo-Pacifique, les petites îles et les littoraux vulnérables comme les zones où l'écart entre modèles et réalité atteint jusqu'à 1,5 mètre, voire 7,6 mètres localement. Ces écarts amplifient la vulnérabilité des populations dans ces régions, où l'élévation du sol est faible, exposant plus de personnes et de terres aux risques d'inondation côtière.

Selon l'étude, une montée du niveau marin d'environ un mètre pourrait submerger 37 % de terres supplémentaires et menacer entre 77 et 132 millions de personnes en plus, dépassant largement les estimations précédentes. Cette hausse expose surtout les petites îles et les zones côtières vulnérables à des inondations extrêmes et à la perte de territoires.

La prise en compte de ce biais méthodologique oblige à réviser les plans d'adaptation et d'aménagement, car les projections actuelles sous-estiment la hauteur réelle de la mer. Cela affecte la conception des digues, les plans de relocalisation et les investissements, notamment dans les régions les plus exposées où le risque de crues extrêmes est plus élevé que pensé.

L'article recommande d'actualiser les niveaux de référence côtiers avec des mesures locales précises, d'adopter un scénario minimum d'une élévation d'un mètre dans les politiques littorales, de prioriser les petites îles et littoraux vulnérables pour les financements, d'impliquer les populations locales dans la surveillance, et d'intégrer observations satellitaires et connaissances terrains pour réduire les incertitudes.