Dessalement de l’eau de mer, une solution contre la sécheresse
À Barcelone, une usine produit de l’eau potable à partir de la Méditerranée en à peine cinq heures et demie. Selon l’Inspection générale de l’environnement, cette solution gagne du terrain contre le stress hydrique.
Barcelone à l’avant-garde du dessalement
Face à la sécheresse qui a marqué l’Espagne entre 2022 et 2024, Barcelone s’est équipée d’une station de dessalinisation performante. Située à El Prat de Llobregat, non loin de l’aéroport, l’installation puise l’eau de mer à 2,2 km du rivage et 32 m de profondeur. Grâce à un réseau de six pompes, l’eau circule jusqu’à l’usine où débute un processus ultra-rapide : en cinq heures trente, l’eau captée peut devenir potable et être distribuée sur une distance allant jusqu’à 12 km.
La capacité de la station permet de traiter jusqu’à 200 000 m³ par jour en mode intensif, soit 60 millions de mètres cubes par an. Veolia, acteur majeur du secteur, traite aujourd’hui 13 millions de m³ d’eau par jour dans 44 pays, ce qui montre l'ampleur prise par cette technologie.
Fonctionnement et rendement du dessalement
Le procédé utilisé filtre l’eau de mer pour extraire le sel et la rendre propre à la consommation. À chaque cycle : 100 litres de Méditerranée donnent 45 litres d’eau douce. L’excédent, sous forme de saumure très salée (55 litres), est rejeté au large, à plus de 30 mètres de profondeur, où des diffuseurs répartissent le flux sur plusieurs centaines de mètres selon des études de courantologie. Pour limiter l’impact sur la mer, la station bénéficie, sur son site, d’une station d’épuration permettant de diluer ces rejets.
L’eau subit trois étapes de purification pour éliminer les micro-algues, parasites et autres micro-organismes, avant d'être réminéralisée conformément aux réglementations européennes et espagnoles.
Coûts, énergie et impacts environnementaux
Le dessalement apporte une forme d’indépendance vis-à-vis de la pluie, mais ce choix a un prix : le coût du mètre cube d’eau produite demeure deux fois supérieur à celui de l’eau retraitée par station d’épuration. Des efforts notables ont toutefois permis de diviser par 40 la consommation énergétique au fil des recherches et de la modernisation de ces installations. À El Prat de Llobregat, des panneaux solaires participent à la compensation énergétique.
Le rejet de saumure pose question pour la biodiversité marine. À ce sujet, les dispositifs modernes de rejet favorisent la dilution et profitent de stations d’épuration proches lorsque c’est possible. Les poissons, selon les observations locales, adaptent leur comportement, mais ce point demeure un enjeu de vigilance.
Vers un déploiement en France ?
Un rapport de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), publié en septembre 2025, considère le dessalement comme "une des solutions possibles pour répondre au stress hydrique", là où il n’était vu que comme un ultime recours lors des précédentes sécheresses. Les territoires français comme les Pyrénées-Orientales pourraient tirer avantage d’unités similaires, avec des besoins estimés à 15 millions de mètres cubes par an pour sécuriser l’approvisionnement à long terme.
Actuellement, des projets portent sur la création d’usines pour le dessalement d’eau saumâtre dans l’Agglomération de Béziers, ou de mer dans le secteur de Perpignan. L’intégration de cette technologie au "mix hydrique" – l’ensemble des solutions pour sécuriser les ressources en eau – dépend de choix réglementaires et politiques à venir. Rappelons que 40 % de la population mondiale vit à moins de 100 km de la mer, un atout pour le développement de ce type d’usine lorsqu’il est maîtrisé.
Résumé
- Barcelone dessale jusqu’à 200 000 m³ d’eau de mer par jour pour faire face à la sécheresse.
- Le procédé fournit de l’eau potable en 5 h 30, mais avec un rejet de saumure surveillé.
- Le coût est toujours élevé, mais la consommation énergétique a nettement baissé.
- La France réfléchit à intégrer le dessalement dans sa gestion des ressources en eau.
Sources
Source : Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD)
FAQ - Questions fréquentes
La station de dessalement d'El Prat de Llobregat capte l'eau de mer à 2,2 km du rivage et 32 m de profondeur. L'eau circule via six pompes jusqu'à l'usine où, en cinq heures trente, elle est filtrée pour extraire le sel. Pour 100 litres d'eau de Méditerranée, 45 litres d'eau douce sont produits, tandis que 55 litres de saumure très salée sont rejetés en mer à plus de 30 mètres de profondeur, accompagnés d'une dilution contrôlée. L'eau subit trois étapes de purification avant d'être réminéralisée selon les normes européennes et espagnoles.
Le dessalement permet à Barcelone d'assurer une production d'eau potable rapide et indépendante de la pluie, traitant jusqu'à 200 000 m³ par jour. Cependant, ce procédé coûte environ deux fois plus cher que l'eau retraitée par station d'épuration. Malgré cela, des améliorations techniques ont permis de réduire la consommation énergétique par quarante, avec l'aide de panneaux solaires. Le rejet de saumure pose néanmoins des défis environnementaux, nécessitant une vigilance pour préserver la biodiversité marine.
Selon un rapport de l'IGEDD publié en septembre 2025, le dessalement est désormais considéré comme une solution possible pour répondre au stress hydrique, au-delà d'un recours ultime en période de sécheresse. Des régions françaises comme les Pyrénées-Orientales pourraient bénéficier d'unités de dessalement, avec des besoins estimés à 15 millions de m³ par an. Des projets sont en cours, notamment pour dessaler l'eau saumâtre ou de mer, mais l'intégration au mix hydrique dépendra des choix politiques et réglementaires futurs.
Le processus de dessalement rejette une saumure très salée, représentant 55 litres pour 100 litres d'eau traitée, qui est rejetée à plus de 30 mètres de profondeur en mer. Ce rejet est réparti par des diffuseurs sur plusieurs centaines de mètres pour favoriser la dilution, et souvent associé à une station d'épuration pour limiter son impact. Des observations locales indiquent que les poissons ajustent leur comportement et la biodiversité marine nécessite une surveillance attentive afin de maîtriser cet impact environnemental.
L'usine de Barcelone convertit l'eau de Méditerranée en eau potable en seulement cinq heures trente, avec une capacité impressionnante de traitement pouvant atteindre 200 000 m³ par jour en mode intensif. Elle alimente un réseau de distribution pouvant couvrir jusqu'à 12 km. Cette rapidité et cette capacité démontrent l'efficacité du procédé, positionnant Barcelone à l'avant-garde des solutions innovantes face au stress hydrique.