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Ces villes où la mer monte deux fois plus vite qu’ailleurs

Publié par Claire Météocity , le 09 août 2026 à 14:00

Dans plusieurs grandes villes côtières, la montée du niveau de la mer s’ajoute à un affaissement accéléré des sols. Ce phénomène combine deux menaces majeures et rend la situation d’autant plus critique pour des centaines de millions d’habitants exposés.

This evocative aerial shot captures the subtle power of nature as the Reuss river overflows into a lakeside park in Lucerne. Large, leafy plane trees stand partially submerged, their reflections shimmering in the shallow floodwaters that have claimed the © Simon Infanger

À retenir

  • La subsidence combine l’élévation du niveau de la mer avec un affaissement rapide des sols dans plusieurs grandes villes côtières.
  • Plus de 500 millions de personnes vivent dans des zones vulnérables où l’élévation relative atteint en moyenne 6 millimètres par an.
  • Limiter la subsidence passe par la régulation des nappes phréatiques, la recharge des aquifères et l’adaptation des infrastructures urbaines.

Affaissement du sol et élévation de la mer : une double menace

La montée du niveau de la mer s’impose comme une réalité pour toutes les côtes du globe. Mais dans certaines métropoles, on observe un effet aggravant : le sol sous nos pieds s’enfonce à un rythme rapide, intensifiant la hausse perçue du niveau marin.

Ce double phénomène s’appelle subsidence : l’affaissement du sol accentue localement l’élévation relative de la mer.

D’après une récente étude internationale, les populations côtières densément peuplées subissent en moyenne 6 millimètres par an d’élévation relative du niveau de la mer. Ce rythme est presque trois fois supérieur à la moyenne observée sur les côtes mondiales, estimée à 2,1 mm/an.

Facteurs humains et naturels à l’origine de l’accélération

Cette hausse relative associe deux phénomènes : l’élévation du niveau de la mer due au changement climatique, évaluée à environ 3,15 mm par an, et la subsidence locale causée par diverses causes, en particulier humaines :

  • Puisage intensif des nappes phréatiques pour alimenter les grandes agglomérations
  • Extraction du pétrole et du gaz sous la surface
  • Poids croissant des infrastructures urbaines
  • Tassement naturel des deltas et mouvements tectoniques

Dans ces conditions, des cités entières voient leur surface s’abaisser, parfois plus vite que la mer ne monte. Cela renforce significativement le risque d’inondations et fragilise rapidement les terres basses habitées.

Villes et pays les plus exposés

La subsidence n’épargne aucun continent, mais quelques zones apparaissent comme particulièrement vulnérables. L’Asie du Sud-Est, le delta du Nil et plusieurs mégapoles africaines figurent parmi les foyers principaux.

VilleAffaissement moyen (mm/an)
Jakarta13,7
Tianjin13,5
Bangkok8,5
Lagos6,7
Alexandrie4

Dans certains quartiers de Jakarta, la subsidence dépasse même 40 mm/an. Plusieurs pays affichent des taux d’affaissement moyen de jusqu’à 10 mm par an le long de leurs côtes : Thaïlande, Bangladesh, Nigeria, Égypte, Chine, Indonésie. Le nombre d’habitants concernés est considérable : plus d’un demi-milliard de personnes vivent aujourd’hui dans des zones côtières de basse altitude particulièrement vulnérables.

Conséquences : risque d’inondation accru

L’association d’une mer qui monte et d’un sol qui s’enfonce crée un cocktail explosif pour la sécurité des populations côtières. À mesure que le niveau relatif grimpe, les dispositifs de protection deviennent moins efficaces et la fréquence des inondations s’accroît. Les défis sont d’autant plus nombreux dans des mégapoles où la densité urbaine ne cesse d’augmenter, tout comme le besoin en eau souterraine.

Les zones les plus basses, souvent situées dans des deltas ou autour des embouchures de grands fleuves, subissent de plein fouet cette élévation accélérée : inondations récurrentes, salinisation des sols, infrastructures menacées.

Mesures pour freiner la subsidence

Modifier le rythme de la subsidence n’est pas hors de portée. On dispose de retours positifs sur la régulation stricte du pompage des nappes phréatiques, la recharge contrôlée des aquifères (réservoirs souterrains d’eau), ou le recours à des ressources alternatives. Tokyo a connu par le passé des affaissements extrêmes — jusqu’à 24 cm par an dans certains quartiers. En diversifiant ses sources d’eau, la capitale japonaise a réussi à diminuer nettement son taux d’enfoncement.

  • Mieux réglementer l’exploitation de l’eau souterraine
  • Recharger les aquifères de façon ciblée et contrôlée
  • Adapter les grands chantiers urbains pour limiter la pression au sol

Limiter la subsidence, c’est aussi freiner la montée relative des eaux et préparer les agglomérations côtières à une adaptation sur le long terme. Chaque action permet de ralentir le processus, et parfois de le stopper.

Des chiffres clés pour comprendre l’urgence

  • 6 mm/an : élévation relative observée dans les zones côtières densément peuplées
  • 2,1 mm/an : moyenne mondiale de montée des eaux sur les côtes
  • 3,15 mm/an : élévation absolue liée exclusivement au climat
  • 500 millions de personnes concernées par la double menace

FAQ - Questions fréquentes

La double menace vient de la combinaison de la montée du niveau de la mer et de l'affaissement accéléré des sols, appelé subsidence. Ce phénomène agit de manière additive, ce qui aggrave localement l'élévation relative du niveau marin et accentue les risques d'inondations pour les populations côtières, en particulier dans les grandes métropoles où le sol s'enfonce rapidement.

Les activités humaines jouent un rôle majeur dans la subsidence, notamment par le puisage intensif des nappes phréatiques pour alimenter les grandes villes, l'extraction du pétrole et du gaz sous la surface, le poids croissant des infrastructures urbaines, ainsi que le tassement naturel des deltas. Ces facteurs amplifient l'affaissement des sols et augmentent la vulnérabilité des zones basses.

Les zones les plus vulnérables se situent en Asie du Sud-Est, dans le delta du Nil, et plusieurs mégapoles africaines. Jakarta, Tianjin, Bangkok, Lagos et Alexandrie sont particulièrement exposées, avec des taux d'affaissement moyens allant jusqu'à 13,7 mm/an, voire au-delà de 40 mm/an dans certains quartiers de Jakarta.

La subsidence combinée à la montée des eaux entraîne une élévation relative du niveau marin qui réduit l'efficacité des protections côtières et augmente la fréquence des inondations. Elle provoque aussi la salinisation des sols et menace les infrastructures, surtout dans les zones basses comme les deltas et les embouchures de fleuves, exposant ainsi les populations à des risques accrus.

Freiner la subsidence passe par une meilleure régulation du pompage des nappes phréatiques, la recharge contrôlée des aquifères et l'adaptation des grands chantiers urbains pour limiter la pression sur le sol. Ces mesures, déjà efficaces à Tokyo, permettent de ralentir voire stopper l'affaissement, contribuant ainsi à réduire la montée relative du niveau de la mer et à améliorer la résilience des agglomérations côtières.

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